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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
François I er1 . Toutefois, il semble préférable de gagner promptement Montereau-Fault-Yonne, où se poursuivait encore en 1534 le compromis dont nous avonsparlé. A cette date, en effet, dans les travaux d’achèvement du seul édificereligieux que possède la ville, le nouveau style, loin de prédominer, continueà tenir une place relativement secondaire. Nous le retrouvons surtout, àl’extérieur, dans l’amortissement des contre-forts, qui ont la forme d’un édiculeterminé par un vase; puis aux voûtes de la nef méridionale pendent plusieursclefs qui à elles seules, par leurs dimensions colossales, constituent de véritablesmonuments 1 2 . Sans aucun doute tout cela est peu logique, et les nervures dont onvoulait empêcher le relèvement sont ainsi fatiguées par un poids exagéré etrisquent d’occasionner des accidents 3 4 5 . Mais nous n’en saurions pas moins admireravec quelle souplesse d’imagination ces ornements sont composés. Rien n’est oubliédans cette accumulation extraordinaire où pilastres, colonnes, niches, statues, voiremême portiques et galeries, habilement rapprochés sur un étroit espace, montrenttoutes les ressources dont on pourra disposer à l’occasion.
Aussi, ne sommes-nous pas étonné que dans l’église de Brie-Comte-Robert,quelques années plus tard* se manifestent hautement les tendances en honneur àcette époque. Il n’y avait plus de motif, à proprement parler, pour continuer cer-taines concessions à l’art du moyen âge et tout faisait un devoir, au contraire, demettre un terme à ce mélange de styles opposés qui produisait les plus étrangesdisparates. Quant à l’objection tirée du caractère religieux des édifices, elle nepouvait avoir de force qu’autant que la résistance se fût fait sentir dès le premierinstant. C’est ce que semble avoir très bien compris, en réalité, l’architecte dumonument qui nous occupe. Chargé de terminer une façade depuis longtempscommençée s , il n’a pas hésité à marcher franchement dans la voie nouvelle, et l’onpeut dire qu’aucun retard n’est perceptible dans sa manière de concevoir et d’exé-cuter. Nul mieux que lui, en effet, ne s’est appliqué, à la même date, suivant unprincipe cher à la première Renaissance, à donner de la vie, par la surabondancedes ornements plastiques, non seulement à la superficie des murs, mais encoreaux différents membres de la construction. Tout l’espace disponible, sur la tou-
1. Une de ces portes est reproduite dans les Monuments religieux , civils et militaires du Gâtinais , par EdmondMichel, in-4 0 , Paris, 1878, pl. CVI. Chacun a pu voir également, au Salon de 1876, les beaux dessins de M. EdouardBérard qui, l’année suivante, nous a donné l’église de Saint-Aspais et le cloître de Saint-Sauveur.
2. Edmond Michel, op. cit. } pl. XCVII.
3. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné , t. III, p. 273.
4. Sur l’un des contre-forts de la première chapelle, au nord, se lit la date de 1545. Cf. de Guilhermy, Inscriptionsde la France, t. IV, p. 343. — Toute la partie supérieure de la façade est de la même époque.
5. La partie inférieure est du xu e siècle.