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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Quoi qu’il en soit, la délicieuse période durant laquelle les monumentsluttaient entre eux de grâce et de légèreté approchait de sa fin, et bientôt l’onallait voir tous les efforts tendre vers une correction sévère, quoique sans sécheresseni raideur. Il fallait qu’à une brillante jeunesse dont les productions parlaientvivement à l’imagination, succédât un âge mûr qui mettrait en pratique les fruitsd’une longue étude et charmerait l’esprit autant que les regards. Seulement ilétait à craindre qu’après avoir atteint à une rare perfection, le nouveau style nedégénérât à son tour. Peu à peu disparaîtrait l’exquise délicatesse des formes et unchoix moins rigoureux se montrerait dans les détails.

Mais en attendant pareille éventualité qui, heureusement, est loin de menacerencore, il convient de tourner nos regards vers le paisible village d’Othis, aunord de Dammartin. Là se déploie, en effet, la plus élégante façade d'égliseque le xvi e siècle ait peut-être élevée dans les environs de Paris. Sa symétriesurtout est remarquable, en dépit des difficultés créées par le voisinage d’un clocherplus ancien qui n’a pas permis de répéter au nord le riche contre-fort dumidi. Quant à la porte, elle présente une des plus précieuses compositions quenous connaissions en ce genre. On pourrait seulement reprocher aux deux angesqui sont adossés aux pieds-droits d’avoir trop l’air de cariatides, car unsemblable office est peu convenable pour des messagers célestes. D’autres angesqui se voient dans les écoinçons, au-dessus du cintre guilloché, figurent bienmieux à leur place et les attributs dont ils sont armés tels que la croix, les clous,la colonne et lés verges ne laissent aucun doute sur les intentions de l’artistequi a voulu rappeler la passion du Christ 1 .

Tout ceci, néanmoins, est un détail dans cette vaste ornementation, qui se faitremarquer par les plus sérieuses qualités. C’est ainsi qu’à lui seul le petit avant-corps frontonné qui rompt la monotonie des lignes et donne du relief à lacomposition mériterait de nous arrêter longtemps. Outre que ses colonnes,dont la base est enveloppeé de légères branches de lierre et la partie supérieurechargée de cartouches d’appliques 2 3 * sont d’un effet charmant, rien n’égale le mer-veilleux travail de la frise qui se poursuit dans toute la largeur de la façade. Lesculpteur, semble-t-il, a voulu se surpasser en exécutant ces riches feuillagesdont la conservation est si parfaite qu’on les dirait achevés récemment 5 . Puis

1. Sous l’intrados de la même porte apparaissent dans des entrelacs le Père éternel coiffé d’une tiare, la vierge Marie,un saint patron et les symboles des quatre évangélistes.

2. L’un d’eux porte la date de 1573, qui serait celle de l’achèvement du portail.

3. Dans chaque métope se trouvent deux branches d’olivier entre-croisées. Le clocher de Coulommiers présente

le même genre de décoration.