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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

alourdi par des sculptures trop saillantes, de véritables pendendifs fort inutiles encet endroit, la part de la critique sera terminée et rien n’empêchera plus delever les yeux vers la zone centrale qui, tout en réservant moins de surprise, nelaisse pas encore de produire une agréable impression. Rose et niches sontcomposées avec un remarquable talent et, de plus, deux statues figurant la Forceet la Justice indiquent à ne s’y pas tromper que de ' chaque côté de la portese trouvaient jadis les autres Vertus cardinales. Également, la scène de l’ange quichasse Adam et Ève du paradis terrestre, accusée en bas-relief sur des consoles, aucentre de la corniche, devait avoir pour but d’accompagner une image du Rédem-pteur. Ainsi s’expliquerait, du reste, que le serpent dont parle la Genèse , etnon pas une sirène 1 , soit représenté dans la frise, où il vient compléter les premiersrenseignements.

Néanmoins la question d’iconographie est tout à fait secondaire dans la cir-constance et l’occasion seule nous l’a fait aborder en passant. Ce qu’il faut admirerprincipalement dans cette belle et riche façade, c’est le fini prodigieux del’exécution. La partie ornementale est traitée avec une telle supériorité quel’on se demande à quel maître du temps de Charles IX 2 il peut bien êtrepermis de l’attribuer. Chose en outre extraordinaire! aucune faiblesse n’estsensible en quelque endroit et la niche du fronton n’accuse pas moins de soin quel’archivolte du portail. En définitive, on sent un art qui est en pleine possession delui-même, où chaque détail est pour ainsi dire raisonné, où loin d’agir sousl’empire du caprice, de la fougue, de l’entrain, on a procédé avec calme,mesure et lenteur. Rien ne fait encore pressentir la décadence, mais il estévident, toutefois, que tant de modération ne peut être de longue durée.Bientôt la note sera forcée inévitablement; on oubliera que l’on peut fairegrand même dans les petites choses, et, sous prétexte de magnificence, lalourdeur pénétrera dans tous les membres d’une architecture dévoyée, aussibien dans son principe que dans son application.

A peine avons-nous besoin d’ajouter que l’église d’Othis présente uncaractère éminemment français. Ses défauts nous appartiennent comme sesqualités et nous ne voyons aucun désavantage à accepter les uns et les autres.Qu’importe, par exemple, que les triglyphes sculptés au centre de la frise,dans le petit avant-corps, ne soient pas conformes à la sévère logique qui ne

1. Les sirènes ont un corps de femme et une queue de poisson, tandis que nous avons ici un corps d’homme et unequeue de serpent.

2. M. Aufauvre (Monuments de Seine-et-Marne } p. 187) prétend que l’église d’Othis a été bâtie en 1555. C’est uneerreur contre laquelle protestent tous les détails de la façade que nous plaçons sous les yeux du lecteur.