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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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Nous ne nous arrêterons pas à une autre objection relative au peu d’étenduedes bâtiments d’habitation , si l’on considère le vaste quadrilatère entouré parles fossés. Il n’est pas absolument nécessaire, en effet, que les différents corpsde logis suivent le mur d’enceinte. Mais, dans le cas présent, si nous voulionstirer une conclusion de cette particularité, elle serait complètement en désaccordavec celle indiquée jusqu’ici. Le puissant ministre de François I er , quoi qu’ondise, n’a pu se placer dans une position inférieure par rapport aux anciensseigneurs de Nantouillet. Bien plutôt croirions-nous qu’après avoir élevé sonchâteau dans les proportions restreintes que nous voyons, il a eu l’idée de ménagerdes espaces découverts autour de lui. Cet élargissement de l’enceinte corres-pondait , d’ailleurs, à la création d’un jardin situé en contre-bas de la façadeprincipale et disposé de telle sorte qu’en se promenant dans ses allées symétri-quement tracées, on se croirait presque isolé du monde entier. Nulle vue sur lacampagne dont on est séparé par un double mur surmonté d’une terrasse, ouplutôt d’un chemin de ronde auquel donnent accès des escaliers cachés dansles tours d’angle. Tout est fait pour éloigner les bruits du dehors et permettrede discourir à l’aise dans le calme et la tranquillité. Certes, en contemplant cetteadorable retraite, on se prend à songer aux grands esprits de la cour deLéon X, qui aimaient ainsi, en usant d’un exercice modéré, à traiter les plushautes questions de la littérature et des arts. Sans aucun doute le chancelierDu Prat, durant ses ambassades en Italie, avait pris le goût de semblablesdispositions et son premier soin, de retour à Nantouillet, fut de réaliser leprojet qu’il avait rêvé 1 .

Peut-être pourrions-nous également attribuer à la même influence la con-struction d’un magnifique escalier à rampes droites qui dut alors passer pourune innovation 2 3 * . Mais si le principe est en quelque sorte étranger 5 , il fautreconnaître que des mains françaises ont seules été appelées, dans la circon-stance, à en faire l’application. Bien plus, grâce aux nervures prismatiques quise ramifient à la voûte, on se croirait presque transporté en plein xv e siècle.L’art du passé s’est prêté avec une merveilleuse souplesse à tout ce que réclamait

1. Le jardin débordait de io mètres, de chaque côté de la façade du château. Sa largeur était de 72 mètres et saprofondeur de 42 seulement. Il ne communiquait par aucune ouverture avec l’extérieur. C’est l’unique exemple d’un aussiétroit espace offert, à la campagne, aux ébattements des habitants d’une riche demeure.

2. Le moyen âge ne connaissait guère que les escaliers à girons et à vis, surtout à l’intérieur des édifices. Même àBlois et à Chambord, on ne construit pas encore autrement, et il n’est pas jusqu’à Philibert de l’Orme qui ne demeure, auxTuileries, fidèle à l’ancienne tradition.

3. A proprement parler, les escaliers à rampes droites sont une invention des Romains; mais l’antiquité ne donna

jamais à cette partie de la construction les dispositions monumentales que nous aurons souvent à signaler.