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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

l’architecte dont nous avons, à deux reprises, prononcé le nom, s’était préparéà l’œuvre immense qu’une mort trop prompte 1 ne devait pas lui permettre deconduire à sa fin.

Rigoureusement, si nous voulions suivre l’ordre chronologique, avantmême de parler de Challuau, il eût fallu consacrer de longues pages à la pluscélèbre de nos résidences royales, à celle au moins qui, dans le développementdes arts à l’époque de la Renaissance, semble avoir joué un rôle prépondérant.Seulement il est très difficile, au hasard d’un chapitre, de traiter les questionsmultiples que soulève l’examen du château de Fontainebleau, et mieux vaut dèsmaintenant, en épuisant tout ce qui reste en dehors de cette matière exception-nelle, conquérir pour l’avenir une plus grande liberté. D’ailleurs, nous ne seronspas retardé outre mesure par l’unique monument qui soit encore digne d’atten-tion; car, depuis deux siècles environ, son état de ruine est le plus misérable quel’on puisse rêver 3 . A peine, en effet, le souvenir de l’immense château de Mon-ceaux, dont le plan et les dispositions rappelaient celui de Yerneuil que nousavons étudié précédemment 3 , se retrouve-t-il aujourd’hui dans quelques débrisisolés les uns des autres ; aussi, pour indiquer leur véritable place et reconstituerun ensemble complet, sommes-nous obligé de recourir aux gravures de JeanRigaud et d’Israël Sylvestre y Toutes sont à une assez grande échelle pour per-mettre de saisir les moindres détails, ce qui pour nous est d’une extrême impor-tance, car, de la sorte seulement, la question d’origine peut être tranchée avecquelque probabilité.

Mais d’abord établissons un fait que l’on semble généralement trop oublier.Henri IV n’est pas le fondateur de Monceaux, qui était déjà en pleine construc-tion à l’époque de sa naissance 5 ; il a simplement restauré, sinon agrandi, unchâteau bâti par Catherine de Médicis, et où séjournèrent avant lui les roisHenri II et Charles IX 6 . Si nous n’avions pas à cet égard des documents certains.

1. Le nom de Pierre Chambiges apparaît pour la première fois en 1509 ; à cette date il travaillait à la cathédralede Troyes sous les ordres de son père. Eu 1544, il pouvait donc avoir une soixantaine d’années tout au plus.

2. Abandonné depuis l’époque de Louis XIIE le château de Monceaux n’avait plus au siècle dernier qu’un pavillonhabitable, servant de rendez-vous de chasse au prince de Conti. En 1792, la Révolution n’y trouva rien à faire.

3. Voir la Renaissance dans le département de l'Oise.

4. Ces gravures, au nombre de cinq, se répartissent ainsi. Trois signées : Is. Sylvestre del. et sculp ., portent leslégendes suivantes -.'Plan relevé des chasteaUj jardin et parc de Monceaux, 1673; Veüedu chasteaude Monceaux 1679; Veuedu chasteau de Monceaux du costé duparcj 1680. Les deux dernières signées: J. Rigaudin. sculp., ne sont pas datées.Elles représentent : l’une, le château du côté de la campagne, et l’autre, du côté du village.

5. « Henri, dit M. Poirson {Histoire du r'egne de Henri IV, t. IV, p. 545), fit bâtir pour Gabrielle d’Estrées lemagnifique château de Monceaux près de Meaux. » Cette erreur semble partagée par Adolphe Lance dans les articlesconsacrés à Baptiste Androuet Du Cerceau et à Salomon de Brosses. ( Dictionnaire des architectes français, t. I er , p. 21 et 189. )

6. En 1561, la cour partit de Monceaux pour aller à Reims faire sacrer Charles IX. Ce seul fait indique toute l’im-portance du château à cette époque.