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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

l’Orme 1 , et pour notre part, nous ne serions pas éloigné d’en faire honneur àl’illustre architecte. Quoi qu’en dise Berty 2 , un homme de cette valeur n’est pasvenu à Monceaux uniquement pour construire un jeu de paume 3 . S’il a eu l’oc-casion d’appliquer en ce lieu, pour la première fois, une de ses inventions les plusfécondes*, c’est parce que la direction générale des travaux était entre ses mains.

Que maintenant Henri IV, vers 1591, afin de plaire à sa nouvelle maîtresse,Gabrielle d’Estrées, ait fait entièrement remanier l’œuvre primitive, nous l’ad-mettrons volontiers. Il est même certain que le gros pavillon d’entrée, dont lesruines, ainsi qu’on en peut juger par le dessin de M. Sadoux, produisent l’effetle plus pittoresque, appartient à cette époque. Son ornementation rappelle lamanière de Jacques Androuet Du Cerceau, qui a seul pu, en outre, sur leslongues façades extérieures, surmonter d’un fronton les fenêtres du rez-de-chaus-sée, tandis qu’au premier étage règne la plus grande simplicité. De même, par-tout se continue l’ordre colossal, sous la forme de pilastres ioniques, ce quicaractérise encore l’architecture du maître 5 .

Quant à faire honneur à Salomon de Brosses de la transformation du châteaude Monceaux, il n’y faut pas songer a . Absolument rien ne rappelle son stylebien connu 7 . Et puis, à la date indiquée, vingt-quatre ans avant la constructiondu Luxembourg, il devait être assez peu en état de diriger une œuvre de cetteimportance. Tout au plus est-il permis de supposer que Jacques Androuet Du

1. Voir plus haut, p. 133, ce que nous avons dit de l’invention « des colonnes françoises », c’est-à-dire formées dett pièces et assiettes, avecques tels ornements qu’on vouldra, pour cacher les commissures ». Philibert de l’Orme, le Pre-mier Tome de l’architecture, p. 216.

2. Les Grands Architectes français de la Renaissance, p. 27.

3. Philibert de l’Orme, dans ses Nouvelles inventions (Epître au lecteur), n’avait pas à parler d’autre chose, et vaine-ment chercherait-on à tirer un argument de son silence en cette occasion.

4. Elle consiste à remédier, par l’emploi de fermes composées d’une multitude de morceaux bien assemblés et main-tenus par des clefs et des chevilles, à la difficulté de se procurer les énormes pièces de bois que nécessitait la constructiondes combles à. grande portée.

5. Pour se convaincre de ce que nous avançons, il suffit de rapprocher les gravures indiquées plus haut des bellesplanches données par A. Berty dans le deuxième volume de sa Topographie historique du vieux Paris } p. 70 et 90. En 1602,lorsque Jacques Androuet fut chargé de continuer la galerie méridionale du Louvre, malheureusement détruite en 1862, idevait, depuis trois ou quatre ans déjà, avoir terminé le château de Monceaux.

6. M. Poirson (op. cit.) prend nettement parti pour de Brosses, « l’un de nos plus éminents architectes, dit-il, quimarqua son point de départ sous ce règne par l’érection du château de Monceaux et la construction du temple protestantde Charenton ». Le rapprochement n’est pas heureux, car tout le monde sait : i û que les lettres patentes autorisant laconstruction d’un temple protestant à Charenton sont datées du 1" août 1606 ; 2° que ce premier temple fut détruit en 1621 ;3 0 qu’un second temple dont le roi Louis XIII confia, en effet, la construction à Salomon de Brosses, ne fut commencéqu’en 1623. En réalité, l’architecte quia toutes les prédilections de M. Poirson n’a rien bâti d’important sous le règne deHenri IV. Son nom est mis pour la première fois en lumière en 1614, lorsqu’il fut appelé à succéder à son oncle JacquesAndrouet Du Cerceau, deuxième du nom. Cette circonstance, qui n’est pas ignorée de M. A. Lance, n’empêche pas l’auteurdu Dictionnaire des architectes français d’affirmer, lui aussi, que le château de Monceaux a été bâti par Salomon deBrosses. Il est vrai que le même édifice, quelques pages plus haut, avait déjà été mis au compte de Baptiste Androuet DuCerceau, le frère de Jacques.

7. Ce que nous disons du château proprement dit s’applique avec .tout autant de force aux communs^ dont chacunpeut encore aujourd’hui admirer la belle ordonnance.