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Tome I.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

positivement antérieures à son arrivée parmi nous. Mais là ne s’arrête pas lezèle de ses défenseurs et l’un d’eux récemment 1 a voulu lui faire honneur decolonnes rustiques qui, après avoir figuré dans la cour du Cheval-Blanc où ellesdécoraient un portail fortifié donnant entrée au château par-dessus le fossé creuséà quelques pas en avant du principal corps de logis, ont été, sous Henri IV,encadrées dans un mur extérieur de la cour Ovale, au rez-de-chaussée du petitédicule dit Baptistère de Louis XIII. Aussi, tandis que, d’un côté, il est tenucompte avec beaucoup de raison des gravures de Du Cerceau 2 3 , que, par unrapprochement heureux, un intéressant spécimen d’architecture depuis long-temps négligé se trouve enfin remis en lumière; de l’autre, le peu de soin apportéà la lecture des textes donne naissance à l’une des plus cruelles mésaventuresque nous soyons obligé de signaler 5 . Non, Serlio n’a pu construire un portail dontla nécessité ne s’est fait sentir que plusieurs années après sa mort 4 . Le sort decette entrée fortifiée est, en effet, intimement lié à celui du fossé qui n’a pu êtrecreusé, nous en avons la certitude, avant l’année 1561. Et remarquez-le bien,pour être renseigné sur ce point il ne s’agissait pas de recourir à des livres introu-vables, ni de dépouiller des comptes inédits; c’est Du Cerceau lui-même qui nousapprend ce fait dans sa trop courte description du château : « Depuis quelquetemps, dit-il, le principal du bastiment a esté par le roy Charles neufième clos etfermé d’un fossé, excepté la basse court à raison des guerres civiles s . »

Semblable motif, croyons-nous, a également donné lieu aux changementsque nous remarquons, vers cette époque, dans la cour de la Fontaine. On nepouvait plus longtemps laisser libre l’espace compris entre la porte Dorée et legrand étang 6 , car, en l’absence de toute protection de ce côté, les autres moyensde défense fussent en quelque sorte demeurés inutiles. La façade morose et tristetournée vers le jardin du roi viendrait au besoin étayer notre opinion, si les

1. Léon. Charvet, Op. cit., p. 28.

2. Voir la planche qui porte la légende : Face dedans la basse court.

3. C’est le cas de répéter avec M. Charvet : « Comme toujours, faute d’instruire le procès à fond, on a fait fausseroute. « Op. cit., p. 28.

4. Arrivée, suivant M. Charvet lui-même, dans les derniers mois de 1554. Op. cit., p. 94.

5. Les plus excellens bastiment s de France, t. II.— François II étant mort le 5 décembre 1560, les précautionsindiquées par Du Cerceau n’ont pu être prises, au plus tôt, avant l’année suivante. On voit, sur le plan, ce large fossé quipart de la galerie d’Ulysse, coupe en ligne droite la cour du Cheval-Blanc dont la majeure partie reste en dehors, ce quiexplique ces mots « excepté la basse court », puis passe sous le bâtiment de gauche dit Aile des ministres, contourne lejardin de la Reine, aujourd’hui de Diane ou de l’Orangerie, et sépare enfin la cour Ovale de celle des Offices, avantd’atteindre le jardin du Roi ou grand jardin. Le côté du midi restait seul à découvert, de la salle du guet au grand étang;mais, sauf en un espace étroit que l’on ne tarda pas à fortifier, aucun danger n’était à craindre dans cette direction.

6. Une petite fresque, qui se voit dans la galerie de François I e ', représente l’aspect de cette partie du château vers1540 environ. Le pavillon de la porte Dorée est complètement dégagé du côté gauche, et la cour de la Fontaine commu-nique librement avec la chaussée plantée d’arbres qui longe le grand étang.