Band 
Tome I.
Seite
190
JPEG-Download
 

LA RENAISSANCE EN FRANCE.

190

remplacement des boiseries de l’Italien Seibecq 1 , par celles du Français AmbroisePerret 2 . En les lisant, on ne peut s’empêcher de penser à ces autres sculptures surbois, tant vantées par Sauvai 3 , que chacun peut voir encore de nos jours dans lepalais du Louvre, où elles ornaient également la chambre de Henri II.

Nous avons parlé de la terrasse qui unissait la galerie de François I er à celled’Ulysse ; semblable communication à découvert ne présentait aucun inconvénientdans l’ancienne distribution du château, mais du moment que le roi abandonnaitla cour Ovale pour le pavillon des Poêles, il en était tout autrement. Aussi, bienavant le terrible accident dont Montgomery fut l’auteur involontaire, voyons-nousque l’on s’était préoccupé de remédier à cet état de choses. Néanmoins les travauxne furent commencés que le 1 e1 ' janvier 15 5 c> + , et, malgré leur peu d’étenduerelative, durèrent environ six années. Ce long temps s’explique par le double chan-gement de règne qui se produisit alors. Il est même certain que la maçonnerie,terminée à la mort de François II, en décembre 1560, dut attendre jusqu’en 1564le toit protecteur dont elle avait besoin . Mais, vers cette époque, une grandeactivité régna de nouveau à Fontainebleau, et l’achèvement du bâtiment ordonnépar Henri II dut faire partie des mesures de précaution que prenait avec raisonCatherine de Médicis.

Quant au nom de l’architecte appelé à réaliser la volonté royale, il est clai-rement indiqué dans les Comptes : « A Pierre Girard dit Castoret, maistre maçon,pour ouvrages de maçonnerie par luy faicts pour la construction du grand édifficecommencé à bastir et édiffier de neuf, entre la grande basse court et la court oùest la fontaine, la somme de 2.450 liv. G ». Après un intervalle de quelques

ment indiquée dans le passage suivant des Comptes (t. I er , p. 371) : « Et pareillement au planchement du parterre de ladite chambre et du cabinet joignant ladite chambre, érigé au-dessus de la terrasse de la galerie basse sur ledit estang. » Il nefaut pas confondre cette seconde terrasse avec celle qui se développait au nord, entre la cour du Cheval-Blanc et celle de laFontaine. Sa destination était de donner entrée dans la galerie d’Ulysse dont le pignon se trouvait ainsi complètement dégagé.

1. Francisque Seibecq ou Serbecq, dit de Carpy ou Scarphy, sculpteur florentin, apparaît dès l’année 1531, dansun compte publié en 1876 par les Nouvelles Archives de l’Art français, p. 91. Il avait été chargé en 1541 d’exécuter lesboiseries du « pavillon sur l’estang ». Comptes des bâtiments du Roi , t. I", p. 187.

2. « ... Et les deux costez desdites poultres garnis d’une frize platte enrichie de taille à compartimens remplis desHet croissans entrelassez et autres enrichissemens, ainsy qu’il sera advisé et ordonné par ledit sieur architecte (Philibert del’Orme) et le champ desdits trois grands parquets desdites trois travées dudit plancher, entre lesdites poultres et sablières,garnies de trois grands compartimens en chacune desdites travées dedans sept desquels seront les sept planettes, dont aucompartiment du milieu sera Sol assis dedans un chariot triomphant, conduit par deux chevaux tenant en l’une de sesmains un sceptre et un foy en l’autre, et aux autres deux grands compartimens d’icelle travée du milieu, un Mars assis surtrophées d’armes, et une Vénus en l’autre, garnie et accompagnée de fleurs et aux quatre autres grands compartimensseront les quatre autres planettes garnies et enrichies de leur ordre, et dedans les autres parquets seront les armoirieset devises du Roy et feuilles et branches de laurier et autres enrichissemens. » Comptes des bâtiments du Roi, t. I er ,p. 371-372.

3. Histoire et recherches des antiquités de Paris. 1724, t. II, p. 35.

4. La Renaissance des Arts, p. 483.

5. La Renaissance des Arts, p. 510.

6 La Renaissance des Arts, p. 483.