ILE-DE-FRANCE.
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on a bien de la peine à deviner quel lien les unit véritablement. Tout au plusentrevoit-on le désir d’opposer la Discorde à la Paix, dans la scène des nocestroublées de Thétis et de Pélée, qui fait face au tranquille repas de Philémon etBaucis; la Prudence à la Folie, dans l’assemblée des dieux, placée en pendant dePhaéton qui demande à conduire le char du Soleil. Mais pareil système d’inter-prétation ne peut se poursuivre plus loin. Bacchus, entouré de faunes etd’animaux de toute sorte, doit figurer, pensons-nous, la vie sauvage, commeCérès, au milieu des moissonneurs, la vie agricole ; Vulcain, à son enclume, lavie industrielle, et Apollon, sur le Parnasse, avec son cortège de Muses, la vieintellectuelle, c’est-à-dire à la fois la dernière transformation de l’homme par leslettres, les sciences et les arts.
Nous ne parlerons pas des petites compositions, au nombre de cinquanteenviron ; l’intérêt quelles présentent est, du reste, fort médiocre, et le lecteur auraittout lieu de regretter le temps consacré simplement à énumérer une foule dedivinités jetées un peu au hasard du caprice de l’ordonnateur. Au contraire, noussaura-t-on peut-être gré de relever, au sujet de la fresque qui se voit à droite dela cheminée, tout au moins une erreur de détail. Sans aucun doute, sous lestraits d 'Hercule combattant le sanglier d’Erymanthe , l’artiste a voulu figurer leroi François I er , accomplissant une de ces dangereuses prouesses auxquelles ilattachait tant de prix. Mais la scène n’a pas eu pour témoin la forêt de Fontai-nebleau, comme on se plaît à le répéter chaque jour; elle s’est passée à Amboise,ainsi que le démontre péremptoirement le récit d’un contemporain 1 2 .
Et maintenant, quelle date est-il permis d’assigner à toutes ces peintures ?Évidemment, on n’a pu songer à les exécuter avant que les travaux de constructionproprement dite eussent reçu leur dernier complément. Or pareille nécessiténous reporte jusqu’au mois de mars 1555. C’est alors seulement, suivant lesComptes % que, la besogne des architectes achevée, les décorateurs ont pu se mettreà l’œuvre. Ils avaient eu tout le temps de se préparer, car, le plus récemmentarrivé en France, Nicolas dell’ Abbate comptait déjà deux ans de séjour parminous. Aussi les choses marchèrent-elles avec une grande rapidité, et si Henri IIn’inaugura pas la galerie qui porte son nom, il est certain du moins qu elle étaitterminée peu de mois avant sa mort 3 .
1 . Récit fait par Nicole Sala, maître dihètel de Louis XII , d’un combat de François I" contre un sanglier ( 1515 ),dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes , A, 11, p. 225.
2. Comptes des bâtiments du Roi , t. I", p. 284.
3. En 1560 au plus tard, puisque, l’année suivante, les Comptes nous montrent Nicolas dell’ Abbate occupé à lagalerie d’Ulysse.
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