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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
tice ’, comme différentes parties du château, le grand pavillon de la porte d’entréefut alors embelli de toutes les ressources du pinceau et nul doute que son nomne soit venu du brillant éclat des peintures, qui frappaient de loin, dans leurscadres d’or, le voyageur arrivant par la large chaussée qui court entre l’étang etle jardin du roi.
Après ces réflexions, retournons un instant dans la cour Ovale, pourexaminer « la vis » destinée tant « à monter audit pavillon, sur ledit portail,qu’en la gallerie qui sera sur les offices 2 ». La tour qui la renferme est de formecarrée, contrairement au devis qui avait prévu toute autre disposition 5 ; mais, sansdoute, en agissant ainsi, l’architecte s’était proposé d’acquérir plus d’espace pour ledéveloppement de son portail. Sur ce point, il entendait élever un petit chef-d’œuvre et l’on peut dire qu’il a pleinement réussi 4 . Tandis qu’il emprunte aumoyen âge le trumeau qui sert à dédoubler sa large baie s , il dresse, à l’imitationdes Grecs, sur les rampants du fronton, de véritables acrotères G , montrant de lasorte, une fois de plus, avec quelle indépendance il acceptait l’application des idéesnouvelles et se frayait une voie où il devait trouver beaucoup d’honneur.
Seulement le parti adopté par Gilles le Breton offrait, il faut l’avouer, aupoint de vue du plan général, de graves inconvénients. La tour de l’escalierramenée au carré formait un angle aigu avec le grand pavillon voisin et diffici-lement apercevait-ôn l’entrée principale du château qui eût dû, au contraire,occuper une place très apparente. Aussi, voyons-nous, quelques années plus tard,pour atténuer autant que possible le mauvais effet de pareilles dispositions, con-struire une sorte de promenoir porté sur des colonnes monolithes, qui servit
1. Il est au moins probable qu'il en fut ainsi, bien que le seul passage des Comptes où il soit question de ces pein-tures ne mentionne nullement le grand artiste bolonais :
« A Girard Michel, paintre, pour ouvrages de painture que le Roy a commandé estre faits en la salle où solloit estreledit portail et entrée dudit chasteau, sous la voulte dudit grand pavillon, devant la chaussée dudit estang, à raison de11 livres par mois ;
« A Jean Dieppe, paintre, pour les mêmes ouvrages, à raison de 15 livres par mois ;
« A Thomas Dorigny, paintre, à raison de 15 livres par mois.
« A Charles Dorigny, paintre, à raison de 20 livres par mois. « Comptes des bâtiments du Roi, » t. I er , p. 198-199.
Le Primatice, comme partout sans doute, fournissait seulement les cartons que d’autres étaient chargés de transportersur les murs. Mais quant au Rosso, son nom doit être définitivement écarté du débat, puisque les peintures dont nous nousoccupons ont été exécutées entre les années 1540 et 1550.
2. Comptes des bâtiments du Roi, t. I er , p. 28.
3. 11 Laquelle vis sera ronde hors œuvre dedans la cour dudit chasteau . » Id.
4. « L’ensemble.de la composition est un intéressant sujet d’étude, et son agencement harmonieux, dans l’ensemblede l’architecture de cette façade de la cour de l’Ovale, est un témoignage honorable pour l’architecte qui le régla, ainsi quepour les artistes qui réussirent àl’exécuter si'heureusement, t Pfnor et Champollion-Figeac, Monographie de Fontaine-bleau , 1863, in-folio, p. 6.
5. » Nous ne trouvons dans l’antiquité grecque ou romaine aucun exemple de portes divisées par un trumeau;
cette disposition appartient exclusivement, paraîtrait-il, au moyen âge et ne date que de la fin du xi e siècle. » Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné, t. IX, p. 315. ■
6. Acroteria angularia, par opposition à celui placé au sommet du fronton et appelé medianum. Cf. Vitruve, III, 3.