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Tome II.
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LA

RENAISSANCE

EN

FRANCE.

moyen de déployer à l’aise sa principale qualité, de montrer quelle perfection ilpouvait atteindre dans l’exécution des détails 1 .

Comme seconde preuve de ce que nous avançons se présente, pour ainsidire, tout naturellement la belle colonne torse en marbre rouge, de la vallée deCampan 2 , que Charles Benoise, secrétaire intime de Henri III, fit élever, dansl’église de Saint-Cloud 5 , à la mémoire de son ancien maître. Rarement de simplesbranches de lierre, des palmes, des couronnes ont été traitées d’une façon aussimagistrale. Prieur, dont le talent, chaque fois qu’il s’agit du grand art, peutdonner lieu à quelques réserves, est véritablement un ornemaniste incomparable 4 .En outre, au point de vue du galbe, la colonne de Henri III l’emporte de beaucoupsur celle du même artiste qui se voyait jadis aux Célestins de Paris s . Les spiralesse déroulent avec plus de franchise et tout l’ensemble afiecte un caractèrede sereine majesté que le beau dessin de M. Sadoux permet facilementd’apprécier 6 .

Il faut bien l’avouer cependant, l’idée d’élever au-dessus d’une colonne le vasedestiné à recevoir le cœur de quelque illustre personnage est en soi passablement

1. Duchesne qui, dans son Histoire généalogique de la maison de Montmorency, fait grandement l’éloge du tombeaudu connétable (p. 411), sans cependant fournir aucun des renseignements que nous serions si désireux de connaître, areproduit, gravées par Picart, les deux statues maintenant placées au Louvre. Elles se retrouvent également dans lesouvrages suivants : A. Lenoir, Musée des monuments français, t. IV et V ; — Gavard, Galeries historiques de Versaillest. VI.

2. Le fût de la colonne, qui mesure trois mètres de haut, est seul taillé dans le marbre indiqué. Pour la confectiondu chapiteau on a employé le bronze, de même que pour l’urne placée au-dessus. Cette dernière est moderne.

3. La chapelle où se trouvait la colonne de Henri III a été démolie il y a peu d’années. « Elle était, dit M. de Guil-hermy, pavée en marbre et ornée de panneaux dont les peintures représentaient des emblèmes et des devises. Au tableaude l’autel, le roi agenouillé priait devant un Christ en croix. # Inscriptions de la France, t. III. p. 159.

4. D’où le prix relativement élevé que reçoit notre artiste pour des travaux exécutés au » chasteau du Louvre » enl’année 1608. «A Berthelemy Prieur, Guillaume du Pré et Berthelemy Tremblay, sculpteurs de sa Mag te , la somme dedouze cens livres, sçavoir aud. Prieur vi°l. et aud. du Pré et Tremblay chascun iij'l. » Berty, Top. hist. du vieuxParis ; II, 205.

5. Aujourd’hui au musée du Louvre. C’est la colonne destinée à supporter le cœur d’Anne de Montmorency; ellefut commandée à Prieur, par Madeleine de Savoie, en 1573.

6. Très probablement Barthélemy Prieur est encore l’auteur des deux anges en bas-relief qui accompagnent l’in-scription suivante, attribuée à Passerai et servant à dater tout le monument :

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HENRICVS • III • FRAC • REX

Obiit anno d • m d XI cPrimo • mens • avg • die •

AdSTA VIATOR ET DOLE REGVM VICEM •

Cor REGIS ISTO CONDITVM est svb marmore.

Qvi JVRA GALLIS SARMATIS JVRA DEDIT •

Tectvs cvcvllo hvnc svstvlit sicarivs

AbI VIATOR ET DOLE REGVM VICEM

A l’époque de la Révolution, colonne et anges devinrent la propriété d’un architecte du nom de Jullien. Rachetésensuite par Lenoir, au prix de 440 francs, ils traversèrent le musée des Petits-Augustins avant d’aller échouer à Saint-Denis en 1816.