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Tome II.
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LA

RENAISSANCE

EN

FRANCE.

royal et à ce titre figure souvent dans les Comptes 1 ; sur Limours, qui appar-tint à Diane de Poitiers et où Philibert de l’Orme fit un nouvel essai de ses char-pentes économiques 2 ; sur Dampierre, que le cardinal de Lorraine agrandit aprèsLavoir acheté d’un financier sur Meudon, que le même prélat voulut recon-struire au sommet de la colline, afin de se procurer le plus magnifique panoramades environs de Paris *1 A cette liste déjà longue il faut ajouter encore Villeroy s ,dont le Louvre possède une admirable cheminée que nul n’a jusqu’ici disputée à

1. Voir principalement t. I er , p. 351, et t. II, p. 106 et 173. Dans ces trois endroits, il est question de travauxexécutés par Jean Potier ou Pothier, « maistre maçon ». D’un autre côté, on lit dans le mémoire justificatif de Philibert del’Orme : « Aussi à Saint-Légier, en la forestz de Montfort, pour ung vieulx logis, lequel n’est-il pas bien racoustré, etla gallerye qui est faicte de neuf, avec la petite chapelle et pavillons, l’on l’a trouvé le plus beau qu’il est possible, et sepeult achever une bien fort belle maison. » Instruction de Monsieur d’Yvry, etc., p. 56. Tout ce que dit de l’Orme ne doitpas être pris à la lettre, car il agissait, dans la circonstance, non comme architecte, mais comme « superintendant des bas-timens du Roy ». A ce titre le Primaticeet plusieurs autres eussent pu également réclamer une part dans les constructionsexécutées de 1548 à 1569, c’est-à-dire durant le temps où ce château fit directement partie des domaines de la couronne.Il passa ensuite aux mains du duc d’Anjou qui, à son avènement au trône en 1574, le transmit au duc d’Alençon. C’est lepremier de ces princes qui fit commencer, en 1570, « un pavillon en forme de dôme ». Le second avait pour architecte, en1577, un nommé Olivier Ymbert, ainsi qu’il résulte du document suivant : « 20 aoust 1577. Enqueste sur l’état du prieurédes Moulineaux. — Item maistre Olivier Ymbert, architecte pour monseigneur le duc frère du roi, demeurant à SaintLiger en Yveline, âgé de soixante ans.... a dit qu’il y a environ vingt ans qu’il cognoist iceulx requérans pour autantqu’il a besoigné au chasteau de Rambouillet de son état de maçon et tailleur de pierre, etc. » Cartulaire des Moulineaux,p. 70.

2. Nouvelles inventions, etc., p. 38. Après avoir parlé de la « charpenterie » qu’il fit faire a pour Madame la Duchessede Valentinois à son chasteau de Limours, en une salle qui a quatorze toises de longueur sur trente un piedz de largeur »,il ajoute : « Et fut le tout si bien conduict, que ce qui coustoit trois mil francz, tant bois que façon, n’est revenu àmil. » A chaque instant Philibert de l’Orme rappelle combien le système de charpente qu’il a inventé présente d’avan-tages au point de vue de l’économie.

3. Le château de Dampierre a été reproduic par Du Cerceau, qui lui a consacré quatre planches de ses Plus

excellents bastiments de France. <1 A veoir ce lieu de loing dit-il, il n’est pas de grand monstre, encor qu’il soit assezbien accommodé de ce qu’est besoin à un bon lieu. Il n’est couvert que de tuille. Le bastiment est assez bien accom-

modé de ses membres : mais entre autres y a des estuves et baignoires prattiquées, tant à une des tours du coing, qu’à unepetite place prochaine, fort bien accoustrez. » La terre de Dampierre fut achetée par le cardinal de Lorraine en 1552.Suivant toute vraisemblance, les travaux que ce prélat fit exécuter immédiatement au château durent être confiés à ClaudeFouge que nous voyons, à cette date, figurer parmi les vassaux de la châtellenie de Beaurain, avec le titre d’ « architectede M. le révérendissime cardinal ».

4. L’ancien château de Meudon, celui que Napoléon I er fit démolir en 1803, était-il également l’œuvre de ClaudeFouge? C’est une opinion qu’il serait aussi difficile de soutenir que d’attaquer. Au contraire, le nom de Philibert de l’Ormedoit être définitivement écarté du débat, car si ce dernier eût fait ou fait faire'quoi que ce soit au château élevé par le car-dinal de Lorraine, nous en retrouverions la trace dans son mémoire justificatif. L’argument tiré des Discours admirablesde Bernard Palissy (p. 171-172 des Œuvres , éd. A. France, 1880) ne supporte pas l’examen. Certes, dans le passage oùil est question d’un » architecte françois qui se faisoit quasi appeler le Dieu des maçons ou architectes », — remarquez bienqu’aux yeux de Palissy les deux mots sont encore synonymes — Philibert de l’Orme semble assez clairement désigné.Mais, d’autre part, nous voyons que toute la discussion roule sur un problème d’hydraulique, et il serait téméraire d’enconclure à l’exécution d’une œuvre d’architecture.

5. Cassiano del Pozzo, dans son voyage inédit en France (1625), adonné du château de Villeroy la description sui-vante : « S’entra a essa (la villa pour le château) per un gran cortile (da fianco perô) che termina un portone, dal quainasce un altro cortile, i due bracci di cuiil mandritto forma una galleria o loggia, nella quale sono 304 statue moderne,ed il manco hà alcune stanze per servizio di cucina e per habitazione per gente basse. In fronte l’appartamento delpadrone, fatto al solito di Francia; si sale a esso per alquanti gradini, entrandosi per una porta sul frontespicio delle qualesono tre busti di bronzo allamandritta la regina Caterina de Medici, alla man manca Arrigo 2 0 suo marito ed in mezzo Fran-cesco 2 0 . L’habitazione è assai commoda, e in oltre vi è un altra galleria, che fa un ala del giardino che segue immedia-tamente. Délia suddetta habitazione si passa ad esso per un ponticello levatojo; è attorniato tutto il quadrato di dettogiardino da una spalliera, che per maggior stabilita è fatta di ferro. » Bibliothèque Barberini, à Rome.