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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
Germain Pilon 1 . Seulement, à notre avis, nous aurions là une des premières œuvresdu maître 2 3 . L’influence du génie de Jean Goujon est manifeste, et, malgré soi,l’on rêve de la fontaine des Innocents, en regardant les deux nymphes qui por-tent des fleurs dans une main et élèvent de l’autre une couronne au-dessus deleur tête. Partout, du reste, éclate un sentiment plein de finesse et de grâce.Nous sommes encore dans la période de la recherche et de l’élégance, qui bien-tôt va faire place à celle de l’ampleur mesurée et de la sévère majesté.
VII.
Bien que nous ayons déjà parlé d’un grand nombre de châteaux, notretâche est loin d’être terminée. C’est ainsi, par exemple, qu’à défaut d’une longuemonographie, tout nous fait un devoir de consacrer au moins quelques pagesà l’admirable demeure élevée par le connétable de Montmorency sur la hautecolline d’Écouen. D’ailleurs 1 , à ce sujet, rien n’est plus facile que de dire deschoses entièrement neuves, car, par une sorte de fatalité, les hommes quieussent été les plus capables de réduire la légende à ses justes proportions nesemblent pas même un instant avoir soupçonné la vérité ? .
Pour eux, en effet, comme pour la foule des historiens, Jean Bullant estl’unique architecte d’Écouen. Il a dressé le plan de l’immense édifice et dirigé
1. « Acquisition faite à M. Goinard, maître charpentier, d'un monument d’architecture provenant de Mennecy(Villeroy est dans la commune de Mennecy, aux environs de Corbeil), servant de cheminée, orné de deux figures de femmesen bas-reliefs, représentant des nymphes, de deux figures de satyres servant de supports, et d’autres sculptures ara-besques; le tout par Germain Pilon. « Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des monuments français, par LouisCourajod. Paris, 1878, p. cxliii. Plus loin (p. 188), il est parlé d’une « cheminée en pierre, sculptée par Germain Pilon,achetée àM. Boigre, propriétaire du château de Villeroy ». Voir également : Description, des sculptures du moyen âge etde la Renaissance, par H. Barbet de Jouy. — Musée de sculpture au Louvre, par le baron de Guilhermy, dans les Annalesarchéologiques, t. XIV, p. 24. Hauteur de l’ensemble, 4™, 6 2 ; largeur de la tablette, 2™, 54. Peut-être est-il bon de faire remar-quer que la plaque de fer posée dans l’âtre n’appartient pas au monument primitif; c’est une addition de l’époquede Henri IV.
2. Le château de Villeroy a été construit par Nicolas de Neufville, 3 e du nom, seigneur de Villeroy, secrétaire desrois Henri II, Henri III et Henri IV. Ainsi que l’indique le buste de François II, installé à la place d’honneur, au centrede la façade principale, les travaux durent être terminés en 1559 ou 1560. Mais la cheminée qui nous occupe peut avoirété faite quelques années plus tard. Nous adopterions volontiers la date de 1565; Germain Pilon avait alors trente ans.
3. Jean Bullant, architecte du connétable de Montmorency, par A. de Montaiglon, dans les Archives de l'art français,XI, 305-339. — Les grands architectes français de la Renaissance, par A. Berty. — Un grand seigneur du XVI e siècle :le connétable de Montmorency, par F. de Lasteyrie, dans la Gaiette des Beaux-Arts, XIX, 2* période , 305-320 et XX,
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