ILE-DE-FRANCE.
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la construction depuis le commencement jusqua la fin 1 . Quant aux différencesde style qui se font remarquer en plusieurs endroits, elles demeurent complè-tement inaperçues, ou si par hasard l’attention se porte de ce côté, loin d’entirer la conséquence voulue, on n'y trouve qu’un prétexte pour avancer levoyage du maître en Italie 2 . Mais, dans ces conditions, nous aurions lieu d’êtrebien plus étonné encore de tout ce qui se présente à nos yeux. Quoi ! JeanBullant ne se serait imprégné de l’architecture antique, durant un long séjourà Rome, que pour venir en quelque sorte, aussitôt son retour parmi nous,protester contre les enseignements qu’il avait reçus. De propos délibéré, il eûtperdu une occasion inattendue et vraiment merveilleuse de déployer à l’aiseson incontestable talent, et avec une modestie rare il se fût fait à nouveau ledisciple de ceux-là mêmes qu’il croyait avoir de beaucoup dépassés. Puis tout àcoup, comme pris d’un remords, non seulement il eût changé sa manière, arbo-rant enfin le drapeau de l’art classique, mais encore il se fût efforcé, autant quepossible, de ramener les premières constructions au type définitivement adopté.
Mais nous ne sommes pas encore au bout des invraisemblances. De ce quela date de 1542 se trouve sur un carreau de faïence, aujourd’hui déposé aumusée de Rouen après avoir fait partie du pavage de nous ne savons quelappartement du château, on a conclu à l’achèvement des travaux à peu prèsvers la même époque 4 . Ainsi Jean Bullant serait un véritable phénomène etle connétable de Montmorency eût fait preuve d’un instinct de divination dontnous avons peine à le croire capable. Car, enfin, même en adoptant l’opinionde M. de Montaiglon, qui croit pouvoir reculer de quelques années la naissancedu grand architecte fixée par Berty en 1515*, nous n’en voyons pas moins quepour l’exécution d’une œuvre colossale, qui demandait une expérience con-sommée, on se serait adressé à un tout jeune homme, presque à un écolier.Assurément l’indulgence la plus extrême ne saurait aller jusque-là, et il faut bienavouer qu’en 1Q2, époque à laquelle, suivant toutes probabilités, fut commencéle château d’Écouen 6 , le choix d’un architecte dut être arrêté avec plus dematurité qu’on ne le suppose généralement.
1. « Non seulement c’est son œuvre, non seulement il a tout conçu, tout construit, tout dirigé, mais, apres 1 avoirterminée, personne n’y est venu mettre la main. » A. de Montaiglon, op. cit ., 305.
2. A. de Montaiglon. op. cit ., 327.
3. Il a été donné par André Pottier, qui le tenait de M. Lejeune, architecte du château.
4.. « Le château s’est donc terminé vers 1542 ou 1543.» A. de Montaiglon, op. cit., 312.
5. Archives de l’art français. XI, 317. — Les grands architectes français de la Renaissance, p. 151.
6. Si en 1542 les appartements étaient déjà carrelés et garnis de leurs vitraux, ainsi que le prouvent la précieusepièce de faïence déjà signalée et les grisailles installées depuis peu à Chantilly, il faut bien admettre a cette date 1 acheve-
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