ILE-DE-FRANCE.
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à lui que le connétable s était adressé pour l’accomplissement de ses projets, ellene semble pas difficile à résoudre. Anne de Montmorency, durant toute lapériode qui s’étend de 1531 à 1550, n’ayant pas entrepris de construction impor-tante ailleurs qu’à Écouen 1 , où le talent du maître indiqué aurait-il trouvé às’exercer, si ce n’est dans cette résidence ? Notre opinion demeure donc irréfu-table, à moins que bon ne veuille prétendre que Charles Billard ait simplementpossédé un titre honorifique : ce qui ne paraît pas avoir quelque valeur.
Et remarquez-le bien, du même coup l’horizon s’éclaircit et nous voyonsparfaitement clair là où tout à l’heure il n’y avait, pour ainsi dire, que ténèbres.L’inspiration éminemment française, tant de l’aile gauche que de celle du fondet des deux premières travées en retour vers la droite, n’a plus rien qui doivenous surprendre, car l’architecte auquel est due cette partie considérable duchâteau n’a évidemment jamais franchi les Alpes et, comme la plupart de sescontemporains, il s’est contenté de suivre, avec le génie qui lui était propre, lemouvement qui se manifestait alors de tous côtés. En outre, point n’est besoinde se livrer à d’actives recherches pour expliquer désormais, sur la frise duportique qui précède le grand escalier, les doubles K de Catherine de Médiciset le chiffre bien connu de Henri II 2 . Pareille ornementation était de règlelorsqu’en 1550 Jean Bullant fut chargé de continuer l’œuvre de CharlesBillard. Du reste, à bien d’autres signes on reconnaît l’immixtion d’un nouvelarchitecte. Le plan suivi jusqu’alors est complètement abandonné et rien neressemble plus à ce qui avait été fait précédemment. Sans transition, le styleemployé se trouve rajeuni d’un quart de siècle et, dans toute la France, nousné croyons pas qu’à cette date il ait existé quoi que ce soit d’aussi avancé.
Seulement l’aile droite ainsi terminée avec son avant-corps à deux étagesimités de l’antique 3 4 , le contraste était trop frappant, et le connétable dut faci-lement céder aux sollicitations de son architecte, qui lui demandait d’utiliser enpendant le dessin qu’il avait pris à Rome des colonnes du temple de JupiterStator*. De même, au fond de la cour, sur le corps de bâtiments, qui, contrai-
1. Voir ce que nous avons dit au sujet de Chantilly et de Fère-en-Tardenois, t. I er , p. 77* 82 et 116-118.
2. A. de Montaiglon, op. cit. } p. 312, note. — Anne de Montmorency avait beau etre l’ami du dauphin, nous avonspeine à croire que, du vivant de François I er , il se fût permis de manifester aussi ouvertement son désir de voir arriver unrègne nouveau. Quant à une décoration faite après coup, il n’y faut pas songer, car, dans cette hypothèse, les chiffres enquestion devraient se retrouver sur les autres façades du château.
3. Le premier ordre est dorique et le second corinthien.
4. L’adjonction postérieure de tout ce décor théâtral est manifeste, bien que personne ne 1 ait remarqué jusqu ici.Sur les côtés on voit parfaitement que différentes assises ont été entaillées pour recevoir la nouvelle construction. De plus,la corniche vient recouvrir les montants de deux lucarnes qui certes, à l’origine, étaient faites pour être dégagées.