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Tome II.
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ILE-DE-FRANCE.

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savante 1 Anne de Pisseleu, plus connue sous le nom de duchesse d’Étampes.Satisfaite du titre qu elle partageait avec son trop débonnaire époux 2 3 , la célèbrefavorite devait laisser ce dernier jouir en paix de sa déshonorante fortune.A plus forte raison, François I er n’eût-il pas choisi ce lieu pour faire montre de seslargesses 5 . Jusqu à preuve contraire, la prétention de ceux qui veulent voir dans1 autre maison une des demeures habituelles de Diane de Poitiers ne nous semblepas, également, mieux établie. La date de 1554, qui se lit en un endroit trèsapparent de la façade sur la cour, ne saurait autoriser la ville d’Étamp es à luttersous ce rapport avec une grande cité voisine 4 .

Mais laissons ce sujet et, en finissant, occupons-nous de la jolie fontainequi est un des principaux ornements de la ville de Mantes. Sa construction,que 1 on a voulu faire remonter au règne de Louis XII s , n’est pas antérieureau 7 mars 1519 e D suivant un compte inédit, tout aurait été terminé enl’espace de trois années 6 . Même nous savons qu’un nommé Trouillet, qualifié defontainier, fut appelé de Rouen pour prendre la direction des travaux. Était-ceun de ces hommes à la fois hydraulicien, architecte et sculpteur, comme lexvf siècle en a produit un grand nombre ? les documents ne le disent pas. Laseule chose certaine, c’est que tout a été exécuté sous sa surveillance et que lechoix de ses collaborateurs, s’il en eut, ne pouvait être meilleur 7 .

A quelque point de vue que l’on se place, en effet, la fontaine de Mantestient un rang distingué parmi les œuvres de la première Renaissance. D’abord,la silhouette en est excellente, même après les mutilations subies à diversesreprises 8 . On ne se lasse pas d’admirer avec quelle grâce les deux vasques se

1. On l’appelait : la plus érudite des belles , et la plus belle des érudites.

2. François I er , en 1526, afin de mettre sa maîtresse à même de figurer avec distinction à la cour, la fit marier avecJean de Brosse auquel il donna le duché d’Etampes.

3. On prétend que le buste sculpté au-dessus d’une porte secondaire serait le portrait de François I er . Mais, outreque la ressemblance indiquée est fort contestable, qu’elle nous a paru même absolument nulle, ce ne serait pas une preuveque le roi ait fait construire la maison en question pour la duchesse d’Etampes.

4. La maison dite de Diane de Poitiers, à Orléans, date bien également du règne de Henri II; mais il paraît plusque probable qu’elle n’a même jamais été visitée par la duchesse de Valentinois.

5. « On voit aisément qu’elle est du temps de Louis XII ». Millin, Antiquités nationales , n, 46.

6. Histoire manuscrite de Mantes possédée par M. Levrier. — Bibl. Nat. Mss. collection du Vexin, t. XVI,pièce n° 1458 bis. Le 2 novembre 1521, quittance est donnée par un nommé Trouillet, de Rouen, fontainier, de la sommede 400 livres, convenue entre lui et messire Denis Grimont, procureur du roi au bailliage et maire-prévot, assisté despairs de la ville, pour la construction des fontaines de Mantes, suivant acte passé devant notaire le 7 mars 15 *9-

7. M. Grave, qui a compulsé pour nous toutes les archives de Mantes, n’a rien trouvé de concluant. En 15 35 3apparaissent bien, il est vrai, les noms de Nicolas Delabrosse qui travaille à l’église Saint-Maclou, et de Jehan Millon,« maistre des œuvres et réparations de la ville », occupé principalement à mettre les fortifications en bon état ; mais rienne permet d’attribuer à l’un ou à l’autre de ces deux artistes un monument élevé quinze années auparavant.

8. M. Saintier, architecte à Paris, qui a tout particulièrement étudié la fontaine de Mantes, nous donne à ce sujetles renseignements suivants : le piédouche sur lequel repose la vasque supérieure a perdu une partie de son élévation, il y