ILE-DE-FRANCE.
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qu’à surélever ce corps de bâtiments d'un étage et c’est ce qui fut fait au direde Du Cerceau 1 . Le brillant asile rêvé par le cardinal du Bellay, le château siharmonieux dans ses proportions que pour le présenter au roi on n’avait pascraint de convoquer en même temps que les trois Grâces, Diane et les neufMuses 2 , se trouva de la sorte, par la trop facile complaisance de celui qui l’avaitcréé, presque entièrement méconnaissable. D ou nous pouvons conclure une foisde plus que le talent, quelque grand qu’il soit, a besoin d’être doublé d’une cer-taine force de caractère. Il ne suffit pas, dans des écrits, d’avoir un haut senti-ment de son art, si, en pratique, on cède trop facilement aux pressantes solli-citations, si on se laisse aller à toutes les complaisances 5 .
II
Déjà, en plusieurs circonstances, nous avons été à même de constater quel'architecture gothique, principalement dans les édifices religieux, avait été pra-tiquée çà et là presque durant tout le xvf siècle. La chose en soi n’a riend’extraordinaire; car, d’un côté, si certains esprits sont peu portés aux innova-tions et se laissent facilement attarder dans le culte des formes anciennes, del’autre, lorsqu’une manière de construire a pour elle une longue existence, ilarrive souvent qu’on l’identifie avec le culte lui-même et, partant, tout progrèsse trouve forcément arrêté. Mais ce qui a lieu d’étonner au premier abord,c’est de voir jusqu’à l’homme qui représente le mieux 1 esprit de la Renaissanceet semblait le moins fait pour se démentir un seul instant, tout à coup reveniren arrière et si bien se conformer aux exigences d un style ouvertement con-damné, qu’entre son œuvre et celle exécutée deux siècles auparavant il ny a,pour ainsi dire, pas moyen de distinguer.
1. « Du depuis la Royne a eslevé sur iceluy corps un estage. » Les plus excellents basnments de France.
2. Le sens de toutes ces figures, groupées dans un long bas-relief, était suffisamment expliqué par les trois vers
suivants :
Hune tibi, Francisce, assertas ob Palladis arteîs,
Secessum, vitas si forte palatia, gratæDiana, et Charités, et sacravere Camœnæ.
Le Premier tome de l’Architecture , p. 250.
3. Il ne reste plus rien aujourd’hui du château de Saint-Maur qui, vendu par les créanciers de Catherine deMédicis à Charlotte de la Tremo'ille, fut porté par cette dernière dans la maison de Conde.