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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
nous ayons admirées à Beauvais, à Triel, à Saint-Michel-sur-Orge et à Écouen.Le dessin plus large a une tendance visible vers l’exagération, bien que la limiteraisonnable ne soit nulle part franchie. Si le culte de la forme domine, ce n’estpas tout à fait aux dépens de la recherche du sentiment, et çà et là unedouce poésie vient tempérer la terrible fougue de différents sujets.
Quelque importantes que soient les nouveautés déjà signalées, elles neconstituent cependant pas la véritable originalité des vitraux de Vincennes.Si nous ne nous trompons, en effet, l’observateur est surtout frappé, dès le pre-mier instant, par la violence des ombres, l’emploi presque exclusif des tonsneutres et l’introduction du paysage non seulement à titre principal en certainsendroits, mais encore dans des conditions de sauvagerie et d’âpreté qui nesemblaient pas devoir jamais se présenter. Aussi n’a-t-il fallu rien moins quel’immense talent déployé par l’artiste pour faire pardonner des licences quieussent dû entraîner une entière défaveur. Sans doute parfois on se sent malà l’aise devant ce parti pris de rompre avec des habitudes qui avaient leur raisond’être, ce mépris voulu de toutes les conventions acceptées jusqu’alors, et,volontiers, on prononcerait l’anathème contre un genre éminemment faux ensoi, si les plus sérieuses qualités du peintre-verrier ne trouvaient le moyen dese manifester çà et là. Jamais peut-être dans les têtes et les draperies les enlevésen clair et les lumières n’ont été plus habilement placés ; la hardiesse du faireest étonnante et, en définitive, nous devons reconnaître que l’homme dont nousétudions les œuvres était rompu avec toutes les ressources de son art. Aubesoin, après avoir été terrible, il devient d’une douceur extrême, et nul mieuxque lui, par exemple, n’a su, à l’imitation de l’école de Beauvais, figurer surbleu clair ou gris bleu de charmants lointains de paysage. Si maintenant ilabuse un peu trop de ce que l’on est convenu d’appeler le jaune Jean Cousin,il faut avouer que les différents sujets traités y prêtaient singulièrement. Neserait-on pas même tenté de croire que la couleur en question n’a été longtempscherchée et finalement trouvée que pour rendre, avec plus de vérité, les fauveslueurs de l’incendie ou le subit assombrissement des astres?
parler, du peintre verrier. Mais outre qu’au xvi e siècle le travail, en général, n’était pas ainsi divisé, que le même hommedessinait ses compositions, les peignait, taillait, mettait en plomb, avec l’aide de quelques collaborateurs, ouvriers ou élèves,nous ne voyons pas que l’on possède assez de points de comparaison pour hasarder l’attribution indiquée. Quant à ceuxqui veulent que Jean Cousin ait travaillé lui-même à Fontainebleau, parce que, dans les Comptes (t. I er , p. 197), ontrouve la mention suivante : «A Jean Cousin, imager, à raison de 14 liv. par mois», ils sont, à notre avis, victimes d’unesimilitude de nom. Le Jean Cousin qui figure si tristement à cette place doit être un sculpteur Orléanais dont nous étudieronsplus tard les œuvres à l’église Saint-Samson de Pithiviers.