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Tome II.
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ILE-DE-FRANCE.

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bientôt couronnés de succès. Qui ne se rappelle à ce propos, par exemple, l’igno-rance dans laquelle nous étions, il y a peu d’années encore, relativement aux Juste,ces célèbres sculpteurs de la première moitié du xvf siècle, dont le nom se trouveavec plus ou moins de raison attaché à une foule de monuments funéraires ? Nonseulement on discutait à perte de vue sur leur origine, entassant des raisons sou-vent trop peu sérieuses pour prouver, les uns qu’ils étaient Italiens et lesautres Touiangeaux , mais encore chacun se demandait quelles relations pouvaientbien exister entre les différents membres de la famille, où se voyaient les pères etles fils, les oncles et les neveux. Au Jean Juste, connu par une inscription deDol 2 et par un passage de Brèche 3 , les Comptes de Caillou avaient ajouté AntoineJuste*, et ceux des Bâtiments du roi, Juste de Juste 5 . Puis venait une quittance,datée de 1559, qui laissait entrevoir des horizons nouveaux 5 . A plus d’un demi-siècle de distance il paraissait difficile que le même homme eût produit deschefs-d’œuvre, et le Jean Juste des tombeaux d’Oiron n’était probablement pascelui déjà signalé en Bretagne 7 et à Tours.

Les choses en étaient là lorsque de savantes recherches, poursuivies récem-ment des deux côtés des Alpes, ont enfin donné la solution des nombreux pro-blèmes qui tourmentaient les historiens de l’art. C’est ainsi qu’un érudit italien,M. Milanesi, nous a d’abord appris que les Juste, de leur vrai nom de famille,s’appelaient Betti, qu’ils étaient originaires de San-Martino a Mensola, petitvillage à trois kilomètres de Florence ; que si leur généalogie peut facilement êtreremontée jusqu’à l’aurore du xiv" siècle, durant cent cinquante ans environ

1. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. I er , p. 353. Suivant M. l’abbé Chevalier, les Juste seraientd’Amboise et la qualification de « Florentin » qui est donnée à Jean dans l’inscription de Dol et a Antoine dans les Comptesde Gaillon indiquerait un simple prénom dont l’origine s’explique par le culte de saint Florentin, très répandu en cet en-droit des bords de la Loire. La raison, on en conviendra, est assez extraordinaire, car, entre Florentin Juste et Juste Flo-rentin, il y a une grande différence. « Les Juste », dit à ce propos M. de Montaiglon ( Gaqette des Beaux-Arts, t. XII, 1875,p. 389), n sont de Florence comme le Parmesan est de Parme, Jules Romain de Rome, le Véronese de Vérone, comme tousceux aux noms desquels on a ajouté un adjectif ethnique sont, par eux-mêmes ou par leurs parents, du pays ainsi désigné.))

2. Sur l’un des pilastres du tombeau de Thomas James, dans la cathédrale de Dol, se lit 1 inscription suivante :

Srtltr. stvuttt. optts. ntngbter. tstuhSoljte. rutus. rognante. f0t. jit0tU0rt ftortnttnuo.

3. Joanniis Brechœi, Turonij ureconsulti, adtitulum Pandectarum deverborum signijicatione Commentant; Lugduni, 1556,p. 410-411. Le passage auquel nous faisons allusion est reproduit dans les Archives de l Art français, 2 e série, t,. I er ,p. 295.

4. Comptes des dépenses de construction du château de Gaillon, publiés par A. Deville. Paris, 1850, p. 324, 35 ^>

419, 420, 433 et 435. o TT < <

5. Comptes des bâtiments du roi, t. I er , p. 95, 98, 99, 101, 132 et 408 ; t. II, p. 364 et 365. .

6. De l'art de terre chei les Poitevins, par Benjamin Fillon, Niort, 1864, p. 75 ec Nouvelles archives de l art français,

1872, p. 171.

7. Le tombeau de Dol porte la date de 1507.

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