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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

long travail a pu réclamer, il a gravé ici la date de M. Y. XVII et là celle deM. V. XVIII 1 . Mais rien n’empêche d’aller encore plus loin; à notre avis, AntoineJuste est également l’auteur des magnifiques bas-reliefs du soubassement. Son frèrequi connaissait tout ce dont il était capable en ce genre, puisqu’à Gaillon il avaitdéjà représenté l’attaque de la ville de Gênes par Louis XII 2 , se trouvait tropheureux d’avoir sous sa main l’homme qui répondait le mieux à ses desseins pourne pas s’en servir aussitôt. C’est donc à lui qu’il s’adressa incontestablement et noussommes sûrs de contempler son œuvre, lorsque notre attention se porte sur ces scènesmouvementées où figurent dans un ordre chronologique : Louis XII forçant lepassage des montagnes de Gênes, l’entrée du roi dans la ville 3 4 , la batailled’Agnadel et, finalement, la soumission du général vénitien Alviano, qui fut laconséquence de ce dernier fait d’armes. Car, chose étonnante, dans la vie d’unprince qui porta le surnom de Père du peuple on n’a songé à louer que les vertusguerrières; ses aventureuses campagnes d’Italie sont indiquées comme les seulesactions qui soient dignes de faire vivre sa mémoire. En cela, peut-être, faut-ilvoir comme un écho de la bataille de Marignan que venait de gagner François I er4 ;le tombeau du roi défunt se chargeait à sa manière de payer un tribut de flat-terie au jeune et vaillant souverain.

Quoi qu’il en soit, ces longs bas-reliefs qui, par leur peu de saillie, s’harmo-nisent merveilleusement avec l’architecture du mausolée, exercent à bon droitune grande séduction sur tous ceux qui les considèrent pour la première fois.Devant la multiplicité et la perfection des détails on se prend à oublier que le sculp-teur a trop ouvertement méconnu les rigoureuses conditions de son art. Sans doutele marbre n’est pas fait pour accuser différents plans et la peinture seule, grâce àl’emploi de la couleur, peut produire quelque illusion et figurer avec avantage desarbres, des montagnes, des ciels et des monuments en perspective. Mais il fautbien avouer que ce qui serait intolérable avec des personnages de grande dimen-sion apparaît presque comme l’accompagnement obligé des scènes multiples etnécessairement réduites que nous avons sous les yeux. A proprement parler, on

1. Ces dates se lisent aux deux extrémités du monument, comme pour en marquer le commencement et la fin.

2. « A maistre Anthoine Juste Fleurentin, faiseur d’ymages, pour le parpayement de l’histoire de la bataille deGennes. » Comptes de Gaillon , p. 435.

3. Suivant M. de Guilhermy (.Monographie de Saint-Denis , 1848, p. 130), cette composition représenterait l’entréedu roi à Milan. Mais la chose est impossible, vules hautes montagnes qui se détachent au second plan, à proximité de laville. Que viendrait faire ici, d’ailleurs, une scène isolée de la première campagne de Louis XII en Italie? Il est bienplus naturel de penser que la porte figurée à gauche — voir la gravure en tête du chapitre — esc celle de la ville deGênes où le roi fit son entrée le 26 avril 1508.

4. 15 septembre 1515.