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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
étudié du roi! Quelle grâce et quelle suavité dans celui de la jeune reine, sivite enlevée à sa brillante destinée ! La science s’est mise en cette occasion auservice de l’art et ce dernier a revêtu d’un charme incomparable le fruit derecherches approfondies. On ne saurait pas plus relever une erreur au point devue anatomique que signaler une contravention aux règles du beau. En un motsi la sculpture française a produit des œuvres plus agréables, elle ne compte rienqui soit plus complètement à sa gloire et à son honneur.
Les difficultés relatives à certaines statues de la plate-forme ne sont pas lesseules que présente le tombeau de François I er ; il faut encore faire 3 a part desdifférents artistes qui ont successivement travaillé à la décoration de la voûte au-dessus des gisants. Et, d’abord, à ce sujet, relevons une étrange erreur qui, surla foi de Lenoir, a cours depuis le commencement du siècle. Non, certes, lepassage des Comptes où il est rappelé qu’Ambroise Perret se trouvait créancierde 210 livres, «pour avoir taillé quatre figures de basse taille ès costez desdeux grandes arcades », ne s’applique pas aux quatre évangélistes rangés, en com-pagnie de «huit figures de Fortune», autour du Christ ressuscitant 1 . Les termesmême employés démontrent aussi clairement que possible la place occupée parles sculptures en question et, véritablement, il a fallu beaucoup de bonnevolonté pour ne pas les reconnaître dans les demi-tympans au-dessus du grand arccentral, où se voient, en effet, sur chaque face du monument, des génies quisonnent de la trompette ou brandissent des torches enflammées. Mais il ne s’ensuitpas, cependant, que l’on ait entièrement tort d'attribuer à Ambroise Perret les«figures» des quatre évangélistes, car un document, daté de 1555, nous apprendque cet artiste s’était associé à Jacques Chanterel, « tailleur en marbre » commelui, pour « faire des histoires dans les compartitions de la voulte en berceau quicouvrira les gisans 2 ». Or l’ouvrage indiqué a dû être certainement poussé trèsavant, puisque dans le marché conclu, trois ans plus tard, avec Germain Pilonet Ponce Jacquiau, il n’est question que des «huit figures de Fortune 3 ». Lesnouveaux sculpteurs ont tout simplement pris la continuation des travaux dePerret qui demeure de la sorte non seulement l’auteur des quatre évangélistes,
1. Comptes des bâtiments du roi , t. II, p. 157. — Musée des monuments français , t. III, p. 78. L’erreur deLenoir esc partagée par F. de Guilhermy, Monographie de Saint-Denis , p. 143-144; A. de Montaiglon, Archives de l’artfrançais , t, IX, p. 347; A. Bérard, Dictionnaire biographique des artistes français, etc.
2. Comptes des bâtiments du roi , t. I er , p. 25)3.
3. Comptes des bâtiments du roi } t. I er , p. 352- t. Il, p. 4, 33, 70 et 107. En 1558, Germain Pilon ne devaitpas avoir plus de vingt-trois ans et nous aurions ainsi la première manifestation publique de son talent. Quant à PonceJacquiau, son âge est assez indifférent ; il suffit de le distinguer du sculpteur icalien, Ponce Trebad, avec lequel on leconfond trop souvent. Voir à ce sujet: Topographie du vieux Paris , par A. Berty, t. I er , p. 235.