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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
si le contraire n’était absolument certain 1 . Outre que l’exécution matérielle estidentique, il y a véritablement un air de famille entre ces différents bas-reliefs ettel grave évangéliste ressemble à l’un des populos.
VI
Philibert de l’Orme, nous l’avons vu, s’était trouvé quelque peu embarrassépour installer son grand mausolée dans la basilique de Saint-Denis. De pareils mo-numents réclamaient une place trop considérable et les constructeurs du xm e sièclene pouvaient être responsables des exigences qui se manifestaient si tardive-ment. Force était donc de renoncer à déployer à l’avenir tant de magnificence oubien il fallait, dès maintenant, chercher à l’extérieur ce que le dedans se refusaità offrir. Mais la question ne se fût-elle pas présentée de la sorte que vraisembla-blement le résultat eût été le même 2 . Catherine de Médicis, en effet, avait l’esprithanté par des projets de toute sorte et, devenue maîtresse du pouvoir, grâce aumalheureux coup de lance de Montgomery, sa première préoccupation dut êtrede bâtir une chapelle où les Valois seuls fussent appelés à dormir leur long som-meil. Autrement on ne comprendrait pas quelle eût consenti à donner au tombeaude son époux les proportions relativement restreintes que nous lui connaissons 5 .Les deux œuvres, à proprement parler, se confondaient en un tout merveilleux etla destruction de l’une a enlevé à l’autre sinon sa raison d’être, au moins unebonne part de son importance et de sa véritable valeur.
Du reste, bien que commencée en 1560, la chapelle des Valois n’était pasencore achevée vingt-neuf ans plus tard, à la mort de Catherine de Médicis L On ytravaillait par intermittences, suivant que la reine parvenait à se procurer lesressources nécessaires. A l’activité la plus grande succédait parfois le plus complet
1. M. de Boislisle, dans son intéressante étude sur la Sépulture des Valois (Mém. de la Soc. de l'histoire de Paris,t. III, p. 250), semble croire que Germain Pilon et Ponce Jacquiau sculptèrent chacun huit pleureurs, bien que l’onne voie pas où un aussi grand nombre d’enfants eût pu prendre place. En outre, il prétend, d’après nous ne savons quelleautorité, que trois de ces enfants furent portés aux Célesdns, vers 1570, et les treize autres donnés au maréchal de Retz.L’erreur dont nous parlons vient sans doute de ce que chacun des deux sculpteurs figure séparément dans les Comptes(voir surtout t. II, p. 4) pour le même objet; mais il n’y eut jamais d’autres génies préparés pour le tombeau deFrançois I er que ceux indiqués plus haut. Ils sont au nombre de huit et n’ont jamais changé de place.
2. Œuvres d'Estienne Pasquier, liv. XIII, lett. 8 et liv. XIV, lett. 2.
3. Quatorze pieds de haut, dix de large et douze et demi de long, suivant A. Lenoir ( Musée des monuments fran-çais, t. III, p. 86). C’est aisément un tiers, en tous sens, de moins que le tombeau de François I er .
4. Décédée, à Blois, le 5 janvier 1589.