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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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Quoi qu’il en soit, sous une apparente simplicité, le programme adopté aune grandeur dont on ne saurait manquer d’être vivement impressionné. Pointde ces mille détails que nous avons signalés dans les tombeaux précédents. Lescolonnes composites qui, au nombre de douze, aident à supporter la plate-forme,sont entièrement lisses et l’entablement ne se distingue que par la sévère beautéde ses moulures. Quant au soubassement, il présente simplement, sur chaqueface, un bas-relief symbolique limité par l’espacement central. Peut-être yaurait-il lieu de reprocher à l’architecte de n’avoir pas environné les gisants d’assezde mystère; mais ce défaut, qui nous frappe aujourd’hui, était moins sensiblelorsque le monument reposait dans une chapelle particulière, en dehors de labasilique. Du reste, tandis que les longs côtés sont largement ouverts, les extré-mités présentent une véritable porte, qui semble pouvoir se fermer au besoin.Cette conception, il faut l’avouer, n’est pas heureuse et rien n’eût empêché demaintenir autrement le système de plate-bande qui domine dans tout le monu-ment. En revanche, qui n’applaudirait à l’idée d’avoir placé aux angles les statues

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debout des Vertus cardinales? Outre que delà sorte elles paraissent plus grandeset plus hères, l’ensemble de la composition gagne en élégance et en légèreté.Puis, grâce à l’emploi du bronze qui se retrouve aussi dans les statues des priants,nous arrivons à des oppositions de tons d’un effet aussi remarquable que puissant.

Il n’y a pas longtemps encore que, sur la foi d’un document publié parLenoir 1 , on pouvait attribuer à Germain Pilon toute la sculpture du tombeau deHenri II. Mais aujourd’hui, grâce à des renseignements nouveaux, la part dugrand sculpteur doit être quelque peu restreinte. C’est ainsi, par exemple, quela « bosse taillée qui représente Charité » est de la main de Frémyn Roussel 2 , queLaurent Regnauldin a travaillé aux trois autres bas-reliefs 3 , sans qu’on puisseexactement déterminer l’étendue de son concours 1 . De même, sur les « quatre

Henry, dernier déceddé, et avoir fait deux modelles de chapiteaux, l’un de terre et l’autre de pierre, et deux figures debronze encommancez, et autres ouvrages de son art, etc. » Comptes des bâtiments du roi, t. II, p. 119. Du reste, s’il sefût agi d’une réduction partielle du monument, la phrase des Comptes eût été rédigée autrement que nous l’avons indiqué.« Ouvrages de modelles » ne peut s’appliquer à une seule chose et la conclusion naturelle est qu’il est fait allusion àdifférentes sculptures dont nous trouvons l’énoncé dans le second article cité.

1. « A Germain Pilon, sculpteur du Roy, la somme de 3,172 liv. 4 sols en plusieurs articles, de l’ordonnance deRI. Primadicis de Bologne, abbé de Saint-RIartin, pour ouvrages de sculpture, tant de marbre que de bronze pour servirà la sépulture du feu roy Henry. Savoir deux gissants en marbre blanc, quatre tableaux en basse taille, deux prians debronze, quatre figures de Fortune aussi de bronze, ainsi que les masques qui ornent ladite sépulture; le tout, suivant leconvenement fait avec ledit abbé de Saint-Martin. » Musée des monuments français, t. III, p. 88.

2. Comptes des bâtiments du roi, t. II, p. 120 et 128.

3. Ils représentent la Foi, l’Espérance et celle des Bonnes Œuvres qui a pour mission de donner à boire à ceux quiont soif.

4. « A Laurent Regnauldin, sculpteur, la somme de 50 liv. pour ouvrages de basse taille par luy faits à laditesépulture, » Comptes, etc., t. II, p. 128. — Ailleurs, il est question « des histoires » que le même artiste « fait de cire