LA RENAISSANCE EN FRANCE.
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parts bien distinctes 1 2 . Si son nom figurait seul dans un apurement de comptes,il en fallait conclure assurément que la direction de l’œuvre s'était trouvée con-centrée entre ses mains, mais aller jusqu’à lui faire honneur de l’exécution desmoindres sculptures semblait quelque peu exagéré \ Du reste, la teneur du do-cument transcrit dans l’ouvrage de Lenoir se justifie par un tout autre motif. En1558, c’est-à-dire à l’époque où le tombeau de Henri II, s’il n’était pas encoremis en place 3 4 5 , venait au moins d’être entièrement achevé + , des cinq artistesque nous avons nommés il ne restait plus que Ponce Jacquiau s . Force étaitdonc de laisser de côté ceux que la mort avait déjà ravis 6 . Car, fait remarquableet tout à l’honneur du maître français, dans cette association de talents diversil n’avait été tenu aucun compte du privilège de l’âge et Germain Pilon, bienque de beaucoup le plus jeune 7 , s’était vu, dès l’origine, appelé au premier rang.
Et la chose n’a pas lieu d’étonner quand on considère l’extraordinaire méritedes œuvres conservées à Saint-Denis. Par sa beauté sereine l’effigie du roi estdigne de tous les suffrages, et jamais, peut-être, on n’a mieux su faire parler aubronze le langage de la noble tristesse que dans la statue à genoux de Catherinede Médicis. Sans doute les Vertus sont un peu maniérées, mais ce défaut n’exclutpas l’élégance qui se remarque aussi bien dans les poses que dans l’arrangementdes draperies. Quant aux bas-reliefs, ils ouvrent la voie à ce qu’on pourrait appelerla sculpture moderne. L’étude du nu y prédomine et iis accusent une certainetendance à l’exagération des formes. Mais, d’autre part, le marbre est rendu àsa dignité et 11e cherche plus à produire les mêmes effets que la peinture. Enfin,si des hauteurs de l’art pur nous descendons au terre à terre du métier, il fautavouer que, dans la statue agenouillée de Henri II principalement, le fondeur a
1. Monographie de Saint-Denis , par F. de Guilhermy, p. 138.
2. Il ne se réservait pas cependant uniquement pour les grandes œuvres, car il est bien certain qu’à l’exception d’unseul, assigné par les Comptes à Frémyn Roussel ( t. II, p. 128), tous les « masques » sculptés dans le marbre rouge audroit des colonnes sont de Germain Pilon.
3. II ne le fut que sous Henri IV, en 1594. Cf. A. de Boislisle, op. cit., p. 282.
4. Cela résulte des ordres de payement qui figurent dans l’exercice commencé le 12 août 1568 et définitivementclos le 15 avril 1570.
5. Comptes des bâtiments du roi , t. II, p. 183.
6. Suivant acte extrait par Jal des registres de la paroisse Saint-André-des-Arcs, Jérôme délia Robbia mourut le4 août 1566. Quant à Laurent Regnauldin (le Lorenzo Naldino de Vasari ; voir notre I er volume, p. 218), il était sûrementdécédé avant 1568, puisqu’un compte de cette année porte : « A Magdeleine Cotillon, vefve de Laurent Regnauldin, sculp-teur, etc. » Restent Dominique Florentin et Frémyn Roussel. Le premier, qui n’est autre que Domenico del Barbiere, tra-vaillait déjà à Fontainebleau en 1537. Comme son nom ne se trouve plus mentionné dans les Comptes après l’année 1565,il est probable qu’il avait rejoint dans la tombe ses deux compatriotes. Nous sommes plus embarrassé au sujet deFrémyn Roussel; tout ce qu’il y a de certain, c’est qu’il est question de lui pour la dernière fois en 1566.
7. Voir au sujet de l’âge de Germain Pilon un mémoire de M. le baron Pichon, dans les Mélanges de littérature etd’histoire, etc. (I ra partie, 1856, p. 176). Le grand sculpteur est très certainement né vers 1535, puisque, à la date du8 mai 1581, 011 le dit, dans une enquête, âgé de quarante-six ans ou environ.