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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

I 20

réellement joué le rôle qu’on lui prête, son nom ne figurerait pas au dernierrang, par exemple, dans la pièce suivante :

Du vendredy XIX e jour de juing audit an M. V e XXXIV.

« Cedit jour, mondit sieur le prevost des marchans a remonstré à M e PierreSambiches, Jacques Arasse, Jehan Asselin, Loys Caqueton et Dominique deCourtonne, qu’ils facent des ores en avant plus grande diligence, d’avoir esgardsur les ouvriers besongnans au faict de l’édiffice et bastiment de l’Hostel neuf deville, et qu’ils ne voisent disner ensemblement ; à ce que partie d’eulx soient ordi-nairement pour avoir resgard sur tous lesditz ouvriers, si tous ensemblement nepeuvent estre 1 . »

Ainsi le prévôt des marchands, Pierre Viole, et les échevins de la bonne villede Paris, loin de s’être adressés de préférence à Dominique de Cortone pour latransformation qu’ils projetaient, n’ont accepté son concours que dans des limitesassez restreintes. Pour eux, il est absolument sur le même pied que Jacques Arasse,Jean Asselin et Louis Caqueton dont les noms, que nous sachions, ne semblentpas appelés à une grande célébrité 2 . Ses fonctions sont celles d’un simple inspec-teur des travaux et nullement d’un architecte. Même, s’il est permis d’être plusprécis, nous pourrions dire, en nous autorisant de son passé, que, dans la répar-tition des responsabilités, tout ce qui concernait les œuvres de charpenterie dutfatalement lui échoir. En effet, jamais les documents ne nous le montrentqu’occupé à construire des tours en bois pour l’attaque des villes 3 ou à donner« des patrons de ponts à passer rivière 4 ». A proprement parler, comme FraGiocondo, mais à un degré inférieur, il mériterait donc la qualification d’ingénieur

1. Registres de l’Hôtel de Ville, fol. 150 v°.

2. Adolphe Lance, dans son Dictionnaire des architectes français , t. I er , p. 29, a parfaitement entrevu l’assimilationdont nous parlons; mais la force du préjugé est telle qu’il n’en fait pas moins honneur au Boccador de la direction desravaux. Quant à Leroux de Lincy, il interprète à sa façon le document cité plus haut. Pour lui, nos quatre maîtres françaisne sont que des aides accordés au prétendu architecte italien et entièrement placés sous sa dépendance. Cf. Hôtel de Villede Paris, in-fol., 1844, p. 4.

3. Ainsi que l’a remarqué M. de Montaiglon, c’est en ce sens qu’il faut comprendre le mot o chasteaulx » , employédans deux documents publiés par les Archives de l'art français, t. I er , p. 110 ec 120.

4. « A Dominique de Courtonne, architecteur, en don, la somme de neuf cens livres pour le récompenser deplusieurs ouvrages qu’il a faitz depuis quinze ans en ça, par l’ordonnance et commandement du Roy, en patrons et levéesde boys, tant de la ville et chasteau de Tournay, Ardres, Chambort, patrons de ponts à passer rivières, moulins à vent,à chevaux et à gens, que autres ouvrages qu’il a faitz et fait faire depuis ledit temps pour le service dudit seigneur où il aeu de graves pertes et dont le Roy ne veut estre icy fait autre déclaration, ix liv. tournois. » Arch. nat., J. 960, n° 69.Ce document, qui est de l’année 1531, se trouve reproduit dans les Comptes des bâtiments du roi, t. II, p. 204. Seulement, àla première ligne, on a imprimé « architecte » là où l’original porte très clairement « architecteur »,