ILE-DE-FRANCE.
r 4f
séparé 1 exécution de l’un et de l’autre 1 . L’amiral, suivant une coutume assezfréquente au xvf siècle, aurait dès l’année 1525, c'est-à-dire vers le temps où ilfut élevé à sa haute dignité, confié à un sculpteur le soin de reproduire safigure, tandis que les ornements dont se trouve entouré ce motif principal,commandés beaucoup plus tard 2 , seraient dus aux soins pieux du fils que nousavons nommé. Ainsi, dans cette hypothèse, Jean Cousin, dépouillé d’une partiede son auréole, se verrait presque réduit au rôle d’ornemaniste. Il n’aurait, enun mot, fait qu’adapter le chef-d’œuvre d’autrui à sa véritable destination encréant à son sujet toutes sortes d’attributs funéraires. Mais qui ne voit dès lepremier instant les côtés par trop faibles d’une pareille argumentation ? Quoi !l’amiral Chabot, désireux de perpétuer son souvenir, se serait arrêté à moitiéchemin, et c’est un héritier qui, vingt ans après, aurait cru devoir compléterle monument ! L’inscription dont nous avons parlé plus haut est alors bien malconçue, car elle ne laisse nullement soupçonner une telle division dans les respon-sabilités. Puis la différence entre la statue proprement dite et les accessoires dutombeau est-elle bien aussi accentuée qu’on s’est plu à le faire croire ? Nous nele pensons pas. Il faut songer qu’en 1544, date où Léonor Chabot a pu s’adresserà Jean Cousin, la sculpture française n’avait encore perdu aucune de ses brillantesqualités. Elle était, au contraire, à l’apogée de son magnifique épanouissement,ainsi qu’il est facile de le constater en examinant le tombeau de François I er àSaint-Denis dont les plus importantes figures datent de 15 49 3 . Si l’on veut desraisons pour infirmer la tradition, c’est ailleurs qu’il faut aller les prendre. Lastatue de l’amiral Chabot ne semble pas antérieure à ce qui l’entoure et toutle monument a certainement été exécuté dans un espace assez court, corres-pondant aux dernières années du règne de François I er , avec empiétement peut-être sur les premières de celui de Henri II 4 .
De tout temps les princes, obligés par position de recevoir la sépulture dans
fragments de l’encadrement : la statuette renversée qui, suivant une légende (Millin, op. cit., p. 57), serait celle d unfidèle serviteur dont l’amiral n’aurait pas voulu être séparé après sa mort, et deux génies funéraires. — Description dessculptures du moyen âge et de la Renaissance par H. Barbet de Jouy, n 0> 104, 105 et 106.
1. A. de Montaiglon, Archives de 1 art français, 1858, t. V, p. 351.
2. L’amiral Chabot est mort en 1543.
3. Archives de l'art français , t. V, p. 350.
4. L’amiral est revêtu d’une armure et d’une cotte blasonnées à ses armes; il porte au cou l'ordre de Saint-Michelet dans sa main gauche tient le sifflet dont les hommes de mer se servent pour le commandement. Voici, au sujet de cettestatue, ce qu’écrit Cicognara dans sa Storia délia scultura } publiée à Venise en 1813 : « La statua del maresciallo Chabotcrediamo di poter giudicarla la miglior opéra dello scarpello francese in quest’epoca. Severità di stile, bellezza di forme,natura ed arte associate con félicita, e sopra tutto una maravigliosa semplicità che tanto è necessaria nelle opéré diquesto genere ; tutto vi si scorge unito a un bel tocco di scarpello che particolarmente nella testa si vide, non indegna divenire al paragone delle pià belle teste di Michel Angelo. 1
il
37