LA RENAISSANCE EN FRANCE.
170
ancienne apparence 1 . Le rez-de-chaussée lui-même n’avait pas été complètementépargné et, aussi bien d’un côté que de l’autre, on pouvait constater lesplus fâcheuses altérations 2 . Enfin, il est bon d’ajouter que les travaux, inter-rompus en 1572 3 , ne s’étendaient qu’à une très faible partie des bâtimentsprojetés.
Ces derniers, dont le plan nous a été conservé par Du Cerceau, devaientformer un immense quadrilatère de cent quatre-vingt-huit mètres de longueur
1111 -
1 ! 1 !
I I M?
Il III I II
PLAN DES TUILERIES, SUIVANT LE PROJET DE PHILIBERT DE L’ORME
sur cent dix-huit mètres de largeur. Aux angles se seraient élevés de gros pavillonsen saillie, encadrant sur les grandes faces trois avant-corps et un seulement
1. Sous la direction de Levau, de 1660 à 1665, le pavillon central qui était uniquement destiné à contenir le grandescalier et ne couvrait en conséquence, à partir du premier étage, que la moitié de la largeur du bâtiment, du côté de lacour, laissant à l’opposé une vaste terrasse, non seulement envahit tout l’espace compris entre l’une et l’autre façade, maisencore déborda, à droite ec à gauche, sur la première travée de chacune des deux ailes adjacentes. On obtenait ainsi unelourde masse carrée, avec avant-corps à l’est et à l’ouest, qui se continuait sous la même forme jusqu’à un troisième étageen attique, tandis qu’autrefois, au-dessus d’un ordre corinthien à pilastres embrassant une surface rectangulaire, s’arron-dissait un second étage flanqué de quatre tourelles et supportant un dôme elliptique que couronnait un lanternon dontl’amortissement était une fleur de lis. Quant aux deux ailes, on se contenta d’abord de les surélever dans les limitesqu’elles occupaient, en substituant au pittoresque arrangement conçu par Philiberc de l’Orme un premier étage et unattique. Puis la façade, du côté du jardin, fut avancée jusqu’au bord des terrasses qui disparurent devant le besoin deplus en plus pressant de multiplier les logements. Cette dernière transformation, commencée sous Louis-Philippe, ne prit finque sous Napoléon III.
2. Du côté de la cour on avait supprimé les pleins qui existaient entre les pilastres et porté ainsi le nombre desfenêtres de quatorze à vingt-deux. Quant à la galerie sur le jardin, fermée au moyen de grands vitrages, elle se trouvaitdivisée en une série d’appartements.
3. Sur la menace des astrologues, suivanc Mézeray (Hist. de France ; t. III, p. 580). Ils ne furent repris que long-temps après, vers 1601.