NORMANDIE.
205
portails occidentaux. Jean Grappin, il est vrai, en cette circonstance vint singuliè-rement en aide à son père, car c’est lui qui couvrit de sculptures voussures etpieds-droits 1 . Quant aux médaillons du clocher qui sont également très remar-quables, nous savons qu’ils furent exécutés par Nicolas Coulle, un autre ima-gier malheureusement trop peu connu 2 3 .
La nef, en tombant, avait entraîné les parties supérieures de la façade quine furent reprises que beaucoup plus tard, vers 1562 b Seulement, à cette époque,le goût n’était plus le même qu’au temps de François I er et Jean Grappin IIqui avait succédé à Pierre Montheroult dans la direction des travaux de Gisors,non content de suivre le mouvement produit autour de lui, se plaisait encore àl’accentuer. Aussi le voyons-nous, sans s’occuper de ce qui avait été fait auparavant,introduire partout des arrangements de son choix et créer cette voûte fuyantequi abrite d’une manière si étrange la représentation en ronde bosse du célèbresonge de Jacob 4 5 . Nous ne parlons pas de l’arc bandé un peu plus tard entreles contreforts et au-dessus duquel règne une lourde galerie. Tant au pointde vue de l’architecture qu’à celui de la sculpture tout cela laisse beaucoup àdésirer et, franchement, on ne saurait dire que dans cette occasion Jean Grappinse soit montré digne de son aïeul.
Dès le début on avait songé à bâtir deux grandes tours; mais soit manqued'argent, soit plutôt par suite des difficultés que présentait, du côté dumidi, l’établissement de solides fondations, la façade était jusqu’alors demeuréeboiteuse s . Toutefois le moment approchait où, n’ayant plus rien à faire autrepart, l’architecte allait concentrer sur ce point ses efforts. Les comptes nous lemontrent en 1574 procédant au commencement des travaux 6 et si des événe-ments inattendus 7 ne fussent venus au bout de peu d’années tarir les ressourcesdont on avait besoin, nul doute que malgré ses dimensions colossales la tour dusud n’eût reçu assez tôt son dernier complément. Mais, en l’état actuel, elle ne
1. « A Jehan Grappin, fils de maistre Robert, pour son sallaire d’avoir faict et taillé les petits ymaiges estant à lavoulsure du portail. » De Laborde, op. cit.j p. 208.
2. « Il a esté paié à Nycoullas Coulle, ymaginier, douze ymages en fasson d’apostres avesque l’ymage de NostreSignieur posées en la tour de ladite église, estant de viij à neuf piés de hauteur chacun ymage, au pris de iiij livres x solsla piesse. # Id., p. 206.
3. De Laborde, op. cit. } p. 212.
4. Genèse, XXVIII, 10-22.
5. Il est question pour la première fois de la tour du sud en 1559 et encore tout se borne à la mention suivante quijustifie assez bien notre dire : « Pour xxxnj bûches de chesne à faire les pillotis soubz le pillier attenant a la grosse tourpour la façon ec aguisage desdicts pillotis xix 8 .m a . » De Laborde, op. cit. } p. 210.
6 . « A maistre Jehan Grappin, pour son sallaire d’avoir conduit l’œuvre des maçons durant le temps qu on faisait lesfonds xij liv. » Id.j p. 319 .
7. Les troubles de la Ligue dont Gisors eut beaucoup à souffrir.