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Tome II.
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NORMANDIE.

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XI

Rien n'est isolé dans l’histoire des arts et l’on comprend mieux ThomasBohier bâtissant Chenonceaux lorsqu’on voit, de 1504 à 1508, figurer son nomau bas des comptes de Gaillonh En outre, il faut se souvenir que le célèbregénéral des finances trouvait dans sa famille un encouragement à se faire unejuste renommée, en favorisant le développement de ce qu’on appelait déjà laRenaissance. Son frère Antoine, abbé de Fécamp, est l’un des premiers, croyons-nous, qui soit entré dans la voie nouvelle et sans doute il débuta par l’introduc-tion, dans la vieille église de la Trinité, d’un petit monument rapporté d’Italie.Nous voulons parler du Tabernacle du Saint-Sang, œuvre délicate, quoiqu’un peumaniérée, conçue dans le goût de certaines compositions de Mino da Fiesole 1 2 .Quant au riche tombeau formé des débris d’un ancien autel qui se voit à uneassez grande élévation, au fond du chœur 3 4 , il ressemble trop par le fini précieuxde la sculpture et une élégance légèrement empreinte de sécheresse à celui deYalentine de Milan, à Saint-Denis, pour ne pas accuser la même main. Seulementquel est le nom de l’artiste auquel sont dues ces œuvres remarquables ? Nousl’ignorons toujours. Le rapprochement indiqué ne sert qu’à nous montrer unechose, c’est qu’il a travaillé en différents endroits, par conséquent que les recher-ches ont quelque chance nouvelle d’aboutir à un heureux résultat, puisqu’ellespeuvent être poursuivies sur plusieurs points à la fois.

Egalement il serait bien désirable de posséder quelques renseignements surle magnifique retable destiné à rappeler combien furent généreux enversl’abbaye de Fécamp les ducs de Normandie, Richard I er et Richard II*. Pour l’épo-que qui doit être fixée dans les dernières années du règne de Louis XII, nous neconnaissons rien de plus parfait. Ces têtes sont pleines d’expression et tout

1. Comptes des dépenses de la construction du château de Gaillon, publiés par A. Deville, 1850, passim.

z. Par exemple celle que l’on montre dans le couloir qui mène à la sacristie de Sainte-Marie-du-Transtevere, à

Rome.

3. Toute la partie postérieure est moderne; le reste servait de parement à l’autel dit du Saint-Sauveur.

4. Les cinq bas-reliefs qui occupent la largeur du retable sont disposés dans l’ordre suivant : Richard II(Ricardvs fater pavpervm) à genoux devant un autel de la Vierge; la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, le jourde la Pentecôte; les trois personnes de la Trinité superposées dans l’ordre habituel; le baptême du Christ; Richard I er(Ricardvs sine timoré) à genoux devant un autel surmonté d’une pietà.