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Tome II.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

idées sur ce point, et nous savons maintenant que la construction proprement dite,dans aucune de ses parties, n’est antérieure à l’année 1502 1 . Il est vrai que l’ar-gent ne manquant pas, tout marcha assez vite, et lorsque la mort vint frapper lecardinal, à Lyon, le 27 mai 1510, il ne restait presque plus rien à faire pour quel’immense édifice fût arrivé à son entier achèvement 2 3 . Georges II d’Amboise pou-vait s’installer au milieu des splendeurs préparées par son oncle, et qui comprenaient,outre le château proprement dit, l’ermitage du Lidieu*. Quant aux bâtiments etgaleries situés au pourtour de l’esplanade et sur le côté nord du jardin, ilssont l’œuvre du cardinal de Bourbon, celui-là même qui, à la mort de Henri III,devait être proclamé roi de la Ligue 4 . En outre, le fastueux prélat fit bâtir le pavillonde la Maison blanche , dont Du Cerceau nous a laissé la description suivante :« Son premier estage (lisez rez-de-chaussée) est comme une salle, ouverte à arcsde trois costez, ayant son regard dans l’eauë. L’autre costé est une montée avecquelques petites garderobbes. De ceste montée l’on va en hault, où sont pareillescommoditez que dessous, excepté qu’au lieu d’arcs ce sont fenestres quarrées.En la salle basse, du costé du buffet, y a comme trois fontaines quarrées de deuxou trois pieds, dans lesquelles on descend pour avoir l’eauë : et tout se voit d’icellesalle, avec quelques murailles garnies de niches. »

Le pavillon de la Maison blanche était situé au même lieu que l’Ermitage, aveclequel il contrastait non seulement par le luxe de la décoration, mais encore parsa destination toute différente. On ne venait plus au Lidieu pour prier, mais pourjouer la comédie. Le cardinal de Bourbon aimait les plaisirs profanes, et il avaitdemandé à ses architectes de lui bâtir une sorte de palais enchanté, émergeantdu sein des eaux, dont le rez-de-chaussée, imité des nymphées antiques, pût ser-vir de délicieux promenoir durant les moments de repos laissés par les scènesallégoriques représentées au premier étage. Naturellement, les figures empruntées

1. Une première reconstruction avait déjà eu lieu, de 1456 à 1463, par les soins du cardinal d’Estouteville dontl’architecte, qui était aussi de Rouen, se nommait Jehan Quesnel.

2. C’est ce qui résulte des registres du trésorier de Georges II d’Amboise où Gaillon ne figure que pour des sommesinsignifiantes.

3. Le Lidieu était situé à une courte distance de Gaillon. On y parvenait par une longue avenue courant sur leflanc du coteau. Là se trouvaient, suivant Du Cerceau, « une petite chapelle et un petit logis, avec un rocher d’hermitage,assis au milieu d’une eauë, ayant la cuve quarrée, et entour icelle des petites allées à se pourmener «. Les plus excellentsbastiments de France.

4. « Ce logis (le château de Gaillon] est accommodé de deux beaux iardins : l’un desquels est au niveau d’iceluy,et entredeux une place, en manière de terrace, que monsieur le Cardinal de Bourbon à présent (c’est-à-dire en 1576) faitapproprier d’édifices, tant au niveau dudit logis, que au pied de la terrace, adioustant à ce bas une gallerie d’assez bonneordonnance selon l’antique, qui regarde sur le val. Or est ce iardin accompli d’une autre belle gallerie et plaisante, digned’estre ainsi appelée, à cause de sa longueur, et du moyen comme elle est dressée, ayant sa veuë d’un costé sur le iardin etde 1 autre sur ledit val, vers la rivière. » Les plus excellents bastiments de France.