LA RENAISSANCE EN FRANCE.
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des quatre cavaliers de l’Apocalypse une allusion aux maux qu’une activeprévoyance tendait à diminuer, sinon à éloigner tout à fait? La chose est possible,et la Renaissance tirait souvent ses rapprochements de plus loin.
Une autre question, du reste, nous préoccupe bien davantage. Quel est lenom de l’architecte employé par Étienne Duval ? A qui a-t-il confié le soin dece qui lui tenait le plus au cœur ? Sur ce point important les renseignements fontdéfaut et, comme pour le gros pavillon de Fontaine-Henri, nous sommes mal-heureusement réduit à constater la ressemblance qui existe avec l’hôtel d’Écoville 1 2 .La part assignée au maître inconnu qui fut l’émule de Sohier s’augmente donctout à coup d’une manière notable. Elle ne comprend pas moins de quatre monu-ments et tout porte à croire que des recherches plus étendues ne manqueraientpas d’amener encore de nouvelles découvertes à ce sujet.
Jacques de Cahaignes a remarqué que de son temps la noblesse vivait peudans l’enceinte des villes \ Et de fait toutes les belles habitations dont nous ayonsà parler ont été bâties par des familles bourgeoises, enrichies pour la plupartdans le commerce, qui avait pris, en Normandie principalement, un développe-ment considérable au commencement du xvi e siècle. Sous ce rapport, l’hôteld’Écoville, l’une des merveilles de la ville de Caen, nous pourrions même direde la France entière, ne fait certainement pas exception. Nicolas Le Valois, quiconsacra à cette grande construction une partie de son immense fortune 3 4 ,n’était pas de naissance beaucoup plus illustre qu’Étienne Duval. La faveur royales’était seulement étendue sur lui vingt-cinq ans plus tôt, et le titre qu’il portaitremontait, paraît-il, presque au début du règne de François I er + .
Nous ne nous attarderons pas sur la façade mutilée qui regarde l’égliseSaint-Pierre. Tout l’intérêt est aujourd’hui concentré dans la cour de l’hôtel dontle beau dessin exécuté par M. Sadoux peut donner une idée. Seulement on remar-quera que, du côté droit, les deux étages ont été postérieurement réunis en unseul ; ce qui nous vaut des fenêtres peu en rapport avec les élégants trumeaux
1. Raymond Bordeaux qui, suivant nous, évoquaic à tort, dans la circonstance, le nom d’Hector Sohier, écrivaitdéjà en 1846 : « L’analogie des constructions de Duval avec l’hôtel d’Écoville est frappante. Les colonnes de l’imprimerieLeroy (aujourd’hui Domin) et celles de la Bourse sont identiques. Leur base présente une imitation du xm e siècle fortparticulière; il y a despalmettes comme au pied des colonnes du chœur de l’abbaye de Saint-Étienne; et cet empattement,ressuscité au xvi e siècle, diffère peu de celui usité sous Philippe-Auguste. Enfin les documents écrits, comme les traditions,nous attestent que le chevet de Saint-Pierre, la Bourse et l’hôtel de Mondrainville, s’élevaient à la même époque. » Bul-letin monumental, t. XII, p. 122-123.
2. Op. cit., Elog. I.
3. « Dum viveret magnitudine opum inter cives præcipuus. 5 Cahaignes, op. cit. Elog. 14.
4. Il avait été accordé à son père Jean Le Valois en 1522, suivant M. le vicomte de Blangy dans ses annotationsaux Eloges de Cahaignes.