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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Cap, connu sous le nom de Cap de Léon, très probablement avait-il son atelierà Saint-Pol, bien qu’il soit né à Lesneven L Du reste, ce qui le ferait croire, c’estque, dans la même ville, nous trouvons, vers le milieu du xvif siècle, deux autrespeintres verriers, Jacques et Hamon Bouriguen, attirés sans doute par sa répu-tation 1 2 . Nous ne parlons pas de Pierre Geoffroy, car il paraît avoir exercé isolé-ment à Saint-Brieuc 3 * .

Ces noms d’artistes sont précieux à recueillir; ils montrent que la Bretagnese suffisait à elle-même, car tous ont une physionomie locale que l’on ne sauraitcontester. Mais notre curiosité demanderait encore davantage : nous voudrionssavoir à qui attribuer telle ou telle verrière dont les qualités plus ou moinsremarquables enlèvent généralement les suffrages. La solution du problèmeoffrirait d’autant plus d’intérêt que les cartons, suivant toutes probabilités, ontété exécutés sur place. Si pour leur composition on eût eu recours à des artistesétrangers, nous retrouverions les tendances qui dominaient alors un peu partout :envahissement du champ entier du vitrail par une seule scène et importance deplus en plus grande accordée aux fonds d’architecture et au paysage. Car, d’ordi-naire, ceux dont nous réclamons les services imposent leurs idées bien plus qu’ilsne subissent les nôtres. Puis, il ne faut pas oublier qu’une large zone dépourvuede vitraux s’étendait entre la Bretagne et la région de la Normandie où on en ren-contre, pour ainsi dire, à chaque pas*. L’influence du dehors avait donc moinsde raisons de se faire sentir, et, en réalité, on peut.constater quelle fut presquenulle.

Des trois centres que nous avons nommés, le plus actif semble avoir étécelui de Rennes 5 . Ses produits, facilement reconnaissables à une transparence peucommune aussi bien qu’à une grande fraîcheur de coloris, sont répandus sur unespace relativement considérable. Non seulement, ce qui est assez naturel, on netrouve qu’eux dans le département d’Ille-et-Vilaine, mais encore leur présence semanifeste un peu partout dans les deux arrondissements de Dinan et de Ploêrmel,qui appartiennent, le premier, aux Côtes-du-Nord et, le second, au Morbihan.Cela tient aux anciennes divisions ecclésiastiques, qui étaient bien différentes de

1. En 1578.

2. A. de Barthélemy, Association bretonne, t. I er , p. 280.

3. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy, Anciens évêchés de Bretagne , t. IV, p. 43.

41 Voir notre deuxième volume, p. 247.

5. « Le xvi e siècle est l’époque du grand mouvement de l’art du peintre sur verre dans notre contrée ; le goût s’enpropage et devient général. 11 n’y a peut-être pas autour de Rennes une seule église qui n’ait possédé ou qui ne conserveencore aujourd’hui quelques échantillons des vitraux de cette période. » Mélanges d’histoire et d’archéologie bretonnes.ti II, p. 271 •