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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE

n’y a pas lieu de s’en étonner, puisque la date connue nous reporte à 1480 1 .Mais, à Lambader, au temps de la reine Anne, on voit déjà s’introduire dans ladécoration certains motifs qui rappellent les caprices de la Renaissance. Cettepremière tentative est bientôt suivie d’une autre beaucoup plus décisive, et l’onpeut dire qu’à Kerfons, vers 15 20 environ, la lutte se continue de manière àfiiire prévoir une issue très prochaine. Si donc le triomphe ne nous apparaîtcomplet qu’au milieu du xvi e siècle, dans les deux jubés de Saint-Herbot 2 et deSainte-Avoye 3 , la faute en est probablement à des destructions qui se sont pro-duites en Bretagne comme partout ailleurs. Enfin nous avons à la Roche-Mauriceune œuvre dont la date est assez difficile à fixer, mais qui pourrait bien, si l’ontient compte de certains ornements, avoisiner le xvif siècle. Du reste, dans unvillage aussi éloigné, on se trouve forcément en présence d’un retard de quelquesannées, ce qui rend notre opinion d’autant plus vraisemblable.

Les jubés ne conviennent généralement qu’aux grandes églises ; ils sontla conséquence du développement donné, dans la seconde moitié du xm c siècle,aux stalles des chanoines. Pour que ces dernières, en effet, avec leurs dossiersélevés et leurs dais compliqués, pussent se continuer du côté de l’ouest, il fallaitentièrement modifier les dispositions adoptées jusqu’alors. D’une part, les ambonsn’avaient plus de raison d’être à leur ancienne place et, de l’autre, la partiesupérieure du mur de clôture se trouvait trop rapprochée de la trabs ou poutretransversale, destinée à établir la séparation entre le ciel et la terre. Tout Elisaitdonc un devoir de fusionner désormais ces deux éléments, de transporter dansune galerie haute les cérémonies qui avaient lieu autrefois presque au niveau dusol, en même temps que d’abaisser sur l’une des balustrades servant à protégerle diacre et ses acolytes, le Christ entre la Vierge et saint Jean.

Les choses, il est vrai, se passèrent bien ainsi tout d’abord ; on peut levoir au Folgoat. Du reste, comme il s’agissait d’une grande église, desservie parun nombreux clergé, rien n’était plus facile que d’appliquer les dispositions indi-

1. Le jubé de Saint-Fiacre (Morbihan) a été étudié et décrit, dans les Annales archéologiques d’abord, par le baronde Guilhermy (1845, III, 12-24), puis dans le Bulletin monumental } par M. Houel (1847, XIII, 644-50). Il porte l'inscrip-tion suivante, qui donne le nom du sculpteur :

Lan mil IIII CCIIII 1 * fut faicte cesteœupvre par Olr (Olivier)

Le Loergan.

2. A 7 kilomètres au sud-ouest de Huelgoat. Suivant les auteurs de la Bretagne contemporaine (Finistère, p. 56),le jubé de Saint-Herbot serait du même temps que la maîtresse vitre de la chapelle, datée de 1556.

3. Commune de Pluneret (Morbihan). C’est probablement l’œuvre des frères Henri et Jean Le Meilleur, qui,de 1554 à 1560, furent occupés à la décoration de l’église.