BRETAGNE.
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Colombe, sans aucun doute, dut être très occupé dès le premier instant;mais les documents nous manquent pour faire connaître les œuvres auxquellesil consacra son talent. Tout au plus savons-nous par un historien du siècle der-nier 1 , qu’en 1472 il reçut du roi Louis XI la commande d’un bas-relief destinéà l’abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm 2 . Quant au tombeau de Louis Rohault,évêque de Maillezais, il ne date que de 1480, c’est-à-dire d’une époque où lemaître était à l’apogée de son talent 3 . On en peut juger, du reste, par leséloges donnés au grand retable de l’église Saint-Saturnin de Tours, représentantle Trépassement de la glorieuse vierge Marie. « Il est tout de marbre, ditLepleigney, et est estimé par les bons maistres et ouvriers qui ont veu ledittableau le mieulx fait qu’ilz aient jamais veu; car ledit tableau est fait selon lenaturel, et diroit-on proprement qu’il ne reste que la parolle tant les chosessont bien faictes*. »
D’après cela il n’est pas étonnant que la reine Anne, à la suite d’un voyageà Tours, en novembre 1501, ait senti tout à coup cesser ses hésitations relati-vement au choix de l’artiste auquel elle voulait confier l’exécution du tombeaude son père, le duc François II s . Quelques minutes passées devant le retable deSaint-Saturnin lui avaient permis de juger que la renommée de Colombe n’étaitpoint usurpée. Une chose, toutefois, eût été à craindre au premier abord : c’estque le maître, dont la soixante-dixième année venait de sonner û , ne pût passe charger d’un aussi grand ouvrage. Mais la reine ne tarda pas à être rassuréeà cet égard et, peu de mois après, au commencement de l’année 1502, arri-vaient déjà dans l’atelier de la rue des Filles-Dieu 7 , les blocs de marbre quidevaient en sortir, dans le courant de l’année 1507, transformés en immortelschefs-d’œuvre 8 .
Dans ses dispositions générales le tombeau de François II, aujourd’hui placédans la cathédrale de Nantes, après avoir fait durant trois siècles le plus bel orne-
1. René Moreau, official de Luçon, cité par Benjamin Fillon dans ses Lettres à M. de Montaiglon } p. 1 6 et sui-vantes.
2. En face de l’île de Ré, un peu au sud de Luçon.
3. Documents relatifs aux œuvres de Michel Colombe } publiés par Benjamin Fillon, 1865, in-4 0 , p. 3.
4. La Décoration du pays et duché de Touraine^ etc., 1541, fol. 13.
5. Mort en 1488.
6. Dans une lettre écrite par Jean Perréal en 1511, il est dit que Michel Colombe pouvait compter à cette dateenviron quatre-vingts ans. Leglay, Analectes historiques } I er fascicule, 1838.
7. Une pièce de l’année 1501, publiée par le docteur Giraudet [Nouveaux Documents sur Jehan Juste et MichelColombe, 1877), parle d’une « maison avec cour et jardin, hors la ville de Tours, en la rue des Filles-Dieu (aujourd’huirue Saint-Étienne), au fief du doyen et chapitre de l’église de Tours, joignant d’un côté aux maison et jardin de MichelColombe, et par devant au pavé de ladicte rue, etc. 1
8. Dans une lettre à Louis Barangier, secrétaire de Marguerite d’Autriche, Jean Perréal nous apprend que les tra-vaux durèrent cinq ans. Benjamin Fillon, Documents etc., p. 10.
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