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Tome III.
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BRETAGNE.

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de lettres gothiques aux beaux caractères romains qui se voient partout ailleursdonne singulièrement à réfléchir. Ce que l’on a pris pour l’expression toutesimple et toute naturelle de la vérité semble bien plutôt avoir le caractèred’une manifestation de vanité locale. Lorsque Jean Juste, après avoir terminéle tombeau de Louis XII, fut arrivé au comble de la gloire 1 , une main quenous chercherions très inutilement à connaître, dans le but de rehausser lemérite de l’œuvre due à la munificence de Jean James, grava dans un cartouchecette phrase audacieuse :

Srrlte. slniïit. opus. magistcr. ietubJûljce, ruine, «gnome. est. jiietusrt flonnttnue.

Loin d’avoir joué le rôle prépondérant qu’on pourrait supposer, le maître ainsirappelé en termes pompeux s’est contenté de suivre l’impulsion reçue. A ladate où nous sommes, du reste, la différence d’âge qui existait entre lui etson frère était trop sensible pour qu’il en fût autrement. Un jeune homme dedix-neuf ans ne commande pas d’ordinaire à un de vingt-cinq, tandis que lecontraire est tout indiqué d’avance.

On le voit, c’est donc bien en vain que, pour donner le change à lapostérité, quelqu’un a imaginé l’inscription dont nous venons de parler.Antoine Juste n’en apparaît pas moins aujourd’hui comme le véritable auteur dumonument de Dol et nous pouvons en toute tranquillité d’esprit admirer sa féconditéd’invention en même temps que critiquer certains détails d’un goût absolumentdouteux. Tel est, par exemple, le grand fronton arrondi au-dessus de l’arcadeextérieure. Depuis que les deux figures placées sur ses côtés Ont disparu 2 , cemotif si profondément italien ne laisse pas surtout que de produire un effetassez désagréable. Aussi, à son sujet, a-t-on émis l’étrange idée que nous étionsen présence d’une addition postérieure dont un architecte breton se seraitrendu coupable 3 . Car, suivant un système d’une merveilleuse simplicité, tout cequi est beau appartient de droit à l’Italie, tandis que tout ce qui est laid seréclame de la France comme lieu d’origine. Mais, dans la circonstance, il faudraitexpliquer comment il se fait que, justement, on soit allé chercher un mode de

1. C’est-à-dire en 1531.

2. « Au pignon de la croisée du costé de l’évangile, dans une grande et magnifique arcade ornée de deux pilastresquarrez fort enjolivez de sculpture avec chapiteaux, architraves, corniche, deux figures et un grand fronton, etc. » Collec-tion des Blancs-Manteaux, t. XLV. Bibl. nat. Les piédestaux de ces statues sont indiqués dans notre dessin; ils ont étésupprimés, au contraire, ainsi que le vase de fleurs placé à la partie supérieure, dans celui donné par M. de Montaiglon.Gaiette des Beaux-Arts. t. XII, 2° période, 1875, p. 368.

3. Mélanges d histoire et d’archéologie bretonnes. t. II, p. 17-18.

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