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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
ia physionomie de l’assemblée se trouve assez bien peinte par un incidentcomique dont le héros fut un vieux maître breton fort entêté dans sonamour du gothique. « Quand Pihourt, maçon de Rennes 1 , dit Noël duFail, monté sur sa jument, botté de foing, ceinct sur sa grand’robe et le cha-peau bridé, allant à Chasteau-Briant pour l’édifice d’un beau chasteau, oüytles grands ouvriers de toute la France illec mandez et assemblez, qui n’avoientautres mots en bouche que frontispices, piédestals, obélisques, coulonnes, cha-piteaux, frizes, cornices, soubassemens, desquels il n’avoit onc ouy parler, il futbien esbahy ; et son rang venu de parler, — eux attendans quelque brave des-seing, — leur dict, payant en monnoye de singe : Estre d’advis que le bas-timent fust faict en franche et bonne matière de piaison compétente selon quel’œuvre le requeroit. S’estant retiré, fut de toute l’assemblée jugé pour un trèsgrand personnage, qu’il le faloit ouyr plus amplement sur cette profonderésolution qu’ils ne pouvoient assez bien comprendre, et qu’il sçavoit plusque son pain manger. Mais le paillard demeurant en sa victoire se retira, disant :ne se pouvoir achommer davantage , et que les manches du grand bout de cohuene pourraient aller de droict fil sans luy et selon l’équipolation de ses hétéro-clites. Ce qui estonna encores plus, ne sçachans ce qu’il disoit, et de là est venuce soubriquet : résolu comme Pihourt en ses hétéroclites. »
Nous ne savons pas le nom de l’architecte qui, à la suite des discussionsdont il vient d’être parlé, fut chargé par Jean de Laval d’édifier le vaste corpsde logis terminé à ses deux extrémités par de grands pavillons, qui constitue,à Châteaubriant, la partie la plus intéressante de l’ancienne demeure seigneu-riale. Son origine seule, par l’examen de la construction, demeure incontes-table; c’est un enfant des bords de la Loire, du Blésois plutôt que de laTouraine ou de l’Orléanais. Mais s’il a étudié sous les meilleurs maîtres, lui-même ne peut figurer au premier rang. Non seulement la composition dansson ensemble manque d’ampleur, mais le parti pris décoratif accuse des négli-gences, nous dirions presque des gaucheries. Tandis que l’encadrement de cer-taines fenêtres est boiteux, des panneaux se trouvent divisés en deux par unpilastre. Quant aux bustes en marbre blanc placés au premier étage, dans des
tandis que l’acce de naissance de leur fille est de 1507. Il y a là tout au moins quelque obscurité. Et cependant, lorsqu’onsonge au rang de cette princesse, lorsqu’on lit les noms des parrains et marraines de sa fille, Pierre de Rohan, Gillettede Couaisnon, dame d’Acigné, etc., on a de la peine à croire qu’il s’agisse d’une bâtarde. Le mariage en question n’aurait-ilpas été contesté pour quelque vice de forme, comme il arrivait souvent alors, et une seconde célébration ne serait-elle pasdevenue nécessaire? C’esc une pure hypothèse, mais qui répondrait à une grande invraisemblance. »
1. Thomas Pihourt, en 1527, était occupé à restaurer le chœur de la cathédrale de Rennes, ainsi qu’il résulte d’undocument publié par M. Alfred Ramé. (Mélanges d histoire et d’archéologie bretonnes , t. Il, p. 220-222.)