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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
outre, chacune d’elles correspond aux fenêtres inférieures et là où les pilastresoccupent la place qu’ils doivent tenir, l’effet produit ne laisse rien à désirer.Des deux escaliers, l’un, à gauche, est à rampes droites séparées par un murdéchiffré; l’autre, à droite, à vis ou en limaçon. Chacun d’eux, suivant lesystème français qui domine dans tout le château, s’annonce extérieurementd’une manière différente, de sorte que, du premier coup d’œil, on peut recon-naître leur place et leur disposition. Jean de Laval, on le voit donc, à Limitationde François I er , s’il accueillait les innovations, les voulait traduites en sa proprelangue. Ce n’est pas pour avoir un palais italien qu’il avait réuni son congrèsd’architectes, mais un château français avec ses pavillons, sa haute toiture, seslucarnes et ses fenêtres à croisillons. Il désirait surtout, dans la relation quiexiste entre l’intérieur et l’extérieur d’un édifice, cet esprit logique qui carac-térise notre nation 1 .
XVIII
En même temps que Châteaubriant les Laval possédaient Vitré; mais,sauf l’absidiole dont il a été question plus haut 2 , rien n’est à voir de cecôté-là. Guy XVI a conservé telle qu’il l’avait reçue la vieille forteresse dumoyen âge et la chose lui était d’autant plus facile qu’il résidait souventailleurs 3 . Du reste, nombreux sont les châteaux bâtis au commencementdu xvi e siècle où le gothique se montre encore sans mélange. Parmi lesplus remarquables il faut citer la Motte-Glain et Josselin 4 , le premier lieu
1. Une porte élégante qui se voit à Dinan (Côtes-du-Nord) mérite d’être rapprochée du château de Jean deLaval. Nous en donnons un dessin à la page précédente.
2. P. 26-28.
3. C’est lui qui a fait décorer si magnifiquement la cour intérieure du château de Laval, ainsi que nous le verronsplus loin.
4. Le château de la Motte-Glain, situé dans le canton de Saint-Julien-de-Vouvantes, sur la route de Châteaubriantà Angers, a été bâti, de 1496 à 1513, par le maréchal de Gié (Pierre de Rohan). Quant à celui de Josselin, sur la foid’Ogée ( Dictionnaire de Bretagne) qui interprétait par Alain Vicomte les lettres A et V, entrelacées en différents endroits del’ornementation, il a été longtemps attribué à Alain VIII, mort en 1431. Mais, outte que cette manière d’expliquer unmonogramme est peu conforme aux règles ordinaires, nous ne voyons pas pourquoi il seraic plutôt question d’Alain VIIIque d’Alain IX, que de tout autre vicomte de Rohan portant le même nom. Ainsi que l’a déjà remarqué Mérimée, il y a undemi-siècle ( Notes d’un voyage dans l'ouest de la France, 1836, p. 231), la véritable date de Josselin se déduit du goûtprononcé pour les tours de force et les fantaisies bizarres qui éclate dans la riche façade que tout le monde connaît. Nousne sommes plus au xv e siècle mais vers 1510 ou 1515, sinon un peu plus tard encore.