Band 
Tome III.
Seite
101
JPEG-Download
 

BRETAGNE.

loi

déchu de son ancienne splendeur et passé dans une famille de petite noblesse;le second toujours brillant de jeunesse et demeuré entre les mains des Rohan,ses premiers possesseurs. Même à Haute-Goulaine y la Renaissance ne fait

que timidement son apparition. Une couronne de laurier enserrant un mono-gramme qui se voit sur l’avant-corps de gauche 1 2 3 4 , est la seule chose, au

dehors, qui puisse être mise à son actif. Mais, à l’intérieur, dans les partieshautes qui n’ont pas été remaniées au xvn e siècle 3 , des cheminées en assez

bon état accusent franchement le règne de François I er . Suivant toutes pro-

babilités, la construction du château dura assez longtemps et Christophe II,seigneur de Goulaine, à qui seul revient l’honneur de cette grande entre-prise, ne doit pas avoir été débarrassé des architectes et des sculpteurs avantl’année 1520*.

Parmi les biens passés de la maison de Clisson dans celle de Rohan, aucommencement du xv e siècle, figurait le château de Blain 5 . La construction étaitalors presque récente et il ne semble pas que, durant un long temps, on aitrien ajouté de nouveau. Quelques lucarnes et un escalier à rampes droites sépa-rées par un mur d’échiffre sont tout ce qui rappelle la Renaissance. Encore a-t-ilfallu que le roi Henri II vînt faire un voyage en Bretagne, en 15 51, pour déciderRené de Rohan et sa femme Isabeau de Navarre 6 à modifier en quoi que ce soitleur immense habitation. Du reste, les travaux furent confiés évidemment à unarchitecte parisien, car certains détails se retrouvent au Louvre et à Ecouen. Nousvoulons parler, entre autres choses, des ornements larges et plats, striés de canne-lures, qui forment consoles au-dessous des moulures rampantes profilées dechaque côté de l’escalier, à la naissance de la voûte. A défaut de signature

1. A douze kilomètres environ au sud-est de Nantes.

2. De l’autre côté, à la même hauteur, trois A, disposés un et deux, rappellent l’histoire suivante consignée parGéliot dans la Vraye et parfaite science des armoiries (i vol. in-folio, imprimé à Dijon en 1660) : « Alphonse, seigneur deGoulaine, autant vaillant et hardy que sage et prudent, de grand jugement et de bon conseil, occasionna le duc de Bretagne,son seigneur, de l’employer à procurer la paix entre le roi de France et le roi d’Angleterre, laquelle il donna à leurs royaumespar ses poursuites et par son entremise; en conséquence, ec par mémoire d’un si.bon office, Sa Majesté anglicane voulut queluy et ses successeurs portassent la moitié de ses armes (de gueules d trois demi-léopards d’or l’un sur l'autre) ; ce qu’ayantété sceu par le roideFrance, il luy accorda aussi de porter la moitié de ses armes (d’apur à une fleur de lis et demie dor).Le meme Alphonse, pour marque de son heureuse négociation, fit graver aux lieux éminents de son château deux grands Acouronnés chacun d’une couronne et unis par un troisième A plus élevé, avec cette devise : a cettvy-cy, a cettvy-la,i’accorde les covronnes. »

3. Par Gabriel II, premier marquis de Goulaine. Sous les boiseries vermoulues qui garnissent les appartements dupremier étage, on retrouve çà et là des traces de l’ancienne décoration.

4. Christophe II succéda à son père Christophe I er en 1498; il vivait encore en 1535*

5. A sa mort, en 1408, Olivier de Clisson, qui n’avait pas d’héritier mâle, laissa ses châteaux de Josselin et deBlain à Béatrix, sa fille aînée, épouse d’Alain VIII, vicomte de Rohan.

6. Sœur de Henri d’Albret, l’époux de Marguerite de Valois. Le vicomte de Rohan se trouvait ainsi allié à lafamille royale.

ni

26