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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
ties hautes du sanctuaire, bien que terminées plus de trente ans après les chapellesabsidales 1 , semblent, au premier abord, infiniment plus anciennes. Sauf dans labalustrade qui couronne les chéneaux et la chute des combles, toute l’ornementa-tion rappelle le xv e siècle et, même en tenant compte du détail indiqué, on abeaucoup de peine à se croire à l’époque de Henri IV. Très probablement lesfrères Viet, qui furent appelés à l’honneur de terminer Notre-Dame des Marais 2 ,appartenaient à une école constituée depuis longtemps dans le pays et qui s’étaitsentie froissée par la prééminence accordée momentanément à des artistes étran-gers. Aussi saisissaient-ils cette occasion de protester autant que possible contreune innovation dont ils n’avaient pas eu l’initiative.
Si nous ne nous trompons, en effet, après la mort assez rapide des trois pre-miers architectes appelés à reconstruire le chœur de l’église b les ordonnateurs del’œuvre se trouvèrent tout à coup dans l’obligation de rompre avec les habitudesprises jusqu’alors. Jérôme Gouin, Jehan Texier et Mathurin Grignon avaientépuisé les éléments locaux 4 , et force était donc d’aller chercher au loin ce quin’existait plus près de soi. Seulement, de quel côté valait-il mieux se tourner dansla circonstance ? Chaque province voisine, tout en suivant les principes générauxde la Renaissance, ne laissait pas d’imprimer à ses productions un caractère parti-culier, et le choix auquel on s’arrêterait pouvait, quel qu’il fût, avoir une réelleimportance.
En réalité, à quoi tient le charme séducteur qui se dégage de l’église de la
i 4 Les chapelles absidales étaient terminées en 1544? tandis que le rond-point du sanctuaire n ? a pas pu être commencéavant 1570. Sa construction devait durer un quart de siècle.
2. Au-dessus de l’arc qui s’ouvre sur le transept, du côté du chœur, on lit l’inscription suivante, accompagnée d’unfil à plomb, d’un équerre et d'un compas :
CESTE* OEVVRE- SY • DESSVS- AESTE • FAICTE • ET CONDVITTEPAR- TROYS* FRÈRES* ROBERT*
GABRIEL* ET- HIEROSME - LESVIETZ* MAISTRES* MASONS
1596
Un quatrième frère nommé Jean, qui, peut-être à cette date, n’avait pas encore fait ses preuves, a signé isolément,du côté du midi :
IEH ANVIET • MASO •
Mais, plus tard, il est mis sur la même ligne que Robert dans une inscription de Nogent-le-Bernard. Cf. Léopoldet Robert Charles, op. cit. ; p. 148.
3. Les travaux commencèrent vers l’an 1500 par la partie nord de l’édifice.
4. Jérôme Gouin, qui, dans les comptes, porte le titre de maistre maçon, conducteur de l'œuvre de l'église, mourutinopinément en 1526 ou 1527, après avoir dirigé les travaux durant un quart de siècle. Son remplaçant, Jehan Texier, dontl’origine fertoise, en dépit de son nom, est parfaitement établie ( Archives de l’art français, i re série, t. IV, p. 357 )5n’eut guère le temps de produire quelque chose d’important, car il avait déjà cessé de vivre en 1531- Quant à MathurinGrignon, à peine remplit-il ses fonctions quelques mois (1531-1532).