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128 LA RENAISSANCE EN FRANCE.
le supposer x , non seulement les chapelles seraient voûtées suivant une autreméthode, mais encore toute l’ornementation différerait de celle que nous avonssous les yeux.
Il ne faut pas l’oublier, en effet, dans le développement de la Renaissance,la Normandie joue à peu près le même rôle que le Milanais en Italie. La plusgrande préoccupation de cette province est d’étaler une richesse exubérante, etn’était la perfection de l’exécution qui le plus souvent ne laisse rien à désirer,on serait promptement fatigué de ce véritable entassement de Pélion sur Ossa.Rien que dans la manière dont toutes les surfaces plates disparaissent à la Ferté-Bernard sous une abondante sculpture, nous trouverions donc un second argumenten faveur de notre thèse. Il est remarquable surtout que les tympans au-dessusdes fenêtres méridionales soient traités absolument comme ceux des absides deCaen. Quant à la balustrade, elle offre, par une exception dont nous ne con-naissons pas d’autres exemples, une série de petits personnages dans différentespositions, qui représentent, d’un côté, les sept jours de la semaine ou les sept pla-nètes sous la figure de divinités de la fable 1 2 et, de l’autre, le roi de France etses douze pairs, six laïques et six ecclésiastiques, chacun désigné par son nom.Entre ces deux groupes, quatre figures, les plus curieuses de toutes, personnifientles tempéraments de la médecine 3 . Certes, il n’y a rien là de très religieux, etl’on ne se douterait guère qu’il s’agit d’un temple élevé à la mère de Dieusi, à la suite de cette exhibition, ne se déroulaient en lettres ornées avec magni-ficence XAve Maria et le Regina cœli.
Les louanges de la Vierge se continuent à l’intérieur dans une série debas-reliefs qui, par leur bonne exécution, méritent une mention toute spéciale.On y voit, au milieu d’admirables rinceaux, une série de monuments des plusintéressants dont la présence s’explique par les inscriptions bien connues :Porta cœli , Templum T)ei , Fons hortorum, etc. Cette dernière représentationsurtout est pleine de charme. Au milieu d’un bassin hexagonal, décoré surchacune de ses faces d’élégantes rosaces, s’élève une colonne à renflements mul-tipliés qui soutient deux étages de vasques surmontés d’un Amour. La Renais-sance triomphe ici pleinement, et l’on ne saurait trouver un plus joli modèlede fontaine.
1. Léopold et Robert Charles, op. cit. } p. 148.
2. En voici la liste : Sol. Luna , Mars , Mercure , Jupiter , Vénus et Saturne.
3. Les inscriptions gravées au-dessus de chaque statuette sont ainsi conçues : le colérique , le sanguin, leJlegmatique et le mélancolique. Ce dernier porte un bandeau sur les yeux pour indiquer sans doute qu’il voit tout
en noir.