LA RENAISSANCE EN FRANCE.
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développent. Toutes sont détachées du vitrail, et la lumière se trouve ainsidistribuée avec plus d’abondance.
En résumé, l’église de la Ferté-Bernard, dans ses parties les plus intéres-santes, est une émanation directe de Saint-Pierre de Caen. Mathurin Delaborde,qui n’avait pas le génie d’Hector Sohier, à qui tout à la fois manquaient la facultécréatrice et une certaine ampleur dans l’exécution, a su faire cependant uneœuvre où non seulement sa personnalité s’accuse d’une façon suffisante, maisoù rien ne paraît mesquin. Chez lui, le calcul domine et il sait parfaitementse tirer des difficultés que présente tout changement de plan dans la con-struction. En outre, il possède un goût délicat, le sentiment de ce qui convientà un espace déterminé. Rarement sa richesse se transforme en exubérance, etil peut être rangé parmi les esprits qui joignent à de petits défauts de trèsgrandes qualités.
La Ferté-Bernard nous a si longtemps retenu, qu’à peine si nous avonsle loisir de parler de Saint-Calais. Cependant l’église de cette petite villepossède une façade terminée en 1540, qui, à côté de certaines bizarreries, tellesque la fenêtre en fer à cheval ouverte dans le pignon, présente des partiesbien comprises. Par exemple, sans rien enlever de leur force aux contrefortsplacés au centre, on les a très habilement dissimulés sous la forme d’élégantspilastres. Nous aimons également les petites portes latérales, d’une grande sim-plicité et d’une bonne exécution. Mais la double baie qui sert d’entrée principaleest malheureusement surmontée d’un tympan ajouré dont le développement estrestreint par une archivolte en porte à faux. Puis que viennent faire tous cesclochetons qui coupent si étrangement les rampants du toit? L’architecte, bienque familier avec le nouveau style, se laisse aller à des réminiscences fâcheuses,et sa composition, en quelque sorte, paraît plus jeune par la base que par lesommet 1 .
1. Il existe une histoire manuscrite de l’église de Saint-Calais, faite par un auteur qui a eu entre les mains lesanciens registres de fabrique. Nous n’en sommes pas plus avancé, cependant, relativement au nom de l’architecte. Toutse borne à l’indication de quelques dates qui, pour la plupart, se rapportent à la construction de la nef commencée en 1518et terminée en 1531, avec interruption des travaux de 1520 à 1526.