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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

luy bailler et fournir, lequel imaige de Nostre Dame ledit religieux a donné et donne de sa part dès àprésent pour estre mis sur le grand autel de ladite abbaye de la Couture par la permission et au consen-tement dudit sieur abbé. »

« L’an 1570, le vendredi second jour de juin. »

Signé : lusson et MAUPERS.

La statue de Langey, quelque remarquable quelle soit, n’occupe à nos yeuxque le second rang. A tous égards nous lui préférons l’admirable frise qui sedéroule sur le devant du lit de repos. Aussi bien comme mouvement quecomme finesse d’exécution, il est impossible de rien désirer de mieux. Ce fouillisde tritons et de néréides captive dès le premier instant et, après avoir jugé l’en-semble, on se plaît à examiner chaque détail. Il n’est pas jusqu’aux animaux quipar leur diversité n’attirent l’attention. Le monde de la mer possède aussi ses che-vaux, ses bœufs et ses lions que distinguent des nageoires à l’avant-train et unelongue queue de poisson. Tous se livrent aux provocations, aux luttes corps àcorps pour le seul butin recherché, c’est-à-dire une femme.

Ce long bas-relief, dont la blancheur contraste avec le noir des sphinx,également en marbre, qui lui servent de support, a-t-il une origine française,ou devons-nous, à son sujet, mettre en avant le nom de quelque artiste italien ?A vrai dire, en dehors de Jean Goujon, qui a si magistralement traité des frisesmarines à la Fontaine des Innocents, nous ne connaissons personne, de ce côtédes monts, à qui il soit permis de songer quelque peu. En 1546, c’est-à-dire àune date où il commençait déjà à être célèbre, rien n’empêchait de lui confier unpareil ouvrage. Si, dans l’œuvre en question, quelque chose rappelait la main dumaître, notre conviction, au besoin, pourrait donc se passer de plus sérieuxarguments. Mais, malheureusement, il n’en est pas ainsi, et nous sommes bienobligé d’avouer que, suivant toutes probabilités, l’Italie peut exercer ici unerevendication sérieuse. Seulement, quant à aller plus loin, nous ne l’essayeronsmême pas. Le Milanais surtout possédait alors tant d’artistes renommés, qu’enl’absence de tout point de comparaison, il est bien difficile de faire un choix.

De la frise passons aux panneaux inférieurs. Des deux parts c’est la mêmemain qui se fait sentir, et nous n’en voulons pour preuve que la répétition,sur un casque, à gauche, de la figure placée au centre du bas-relief. Du reste,il ne faut pas s’en plaindre, car rien n’est plein de vie et de mouvement commecet homme nu, monté sur un hippocampe et brandissant à deux mains une touffede joncs marins. Le casque dont nous parlons se complète, en outre, par unmasque étrange où une tête de bélier est superposée à celle d’un porc. Certes,pour faire accepter ces fantaisies, il a fallu un talent remarquable qui ne s’est