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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

une rare perfection. Hector Sohier, qui, lui aussi, à Chanteloup 1 , se trouvaitaux prises avec le granit, n’a pas mieux réussi, et l’on peut dire qu’un goûtexquis, servi par une main habile, préside à toute la décoration du Rocher.

Par une ironie du sort, tandis que les châteaux encore subsistants n’ont pointconservé leurs parchemins, ceux qui ont disparu se présentent à nous avecun acte de naissance parfaitement en règle. Nous savons, par exemple, queFrançoise d’Alençon, veuve de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, pourla construction de son château de la Flèche 2 , s’adressa à un architecte localnommé Jacques-Mathieu Estourneau 3 . Il serait donc intéressant de connaîtrequelle était la manière de ce maître dont le talent avait dû s’exercer sur d’autresédifices, puisqu’au moment où furent commencés les travaux dont nous parlons,c’est-à-dire en 1^9, il avait déjà cinquante-trois ans 4 . Le point de comparaisondont nous aurions si grand besoin fait totalement défaut, et rien ne permet,soit au sujet du Lude, soit à celui des deux châteaux moins importants deBénéhart 5 et de Poncé 6 , qui tous appartiennent à la première moitié du xvi e siècleet sont situés dans la partie sud du département de la Sarthe, de se livrer mêmeà des conjectures.

A côté de Jacques-Mathieu Estourneau, il faut faire figurer Jean Masneretet René Guitton, deux architectes du Mans qui, du temps de Henri II et deCharles IX, furent chargés de reconstruire le château de Pescheseul 7 . Seulement,bien que leur œuvre ait également disparu, nous sommes assez bien renseignésur sa physionomie, car elle reproduisait, dit-on, le beau manoir du Puy-du-Fou,en Poitou 8 . C’est ce qui nous permet, avec quelque vraisemblance, d’attribueraux mêmes artistes la belle porte flanquée de tours qui donne entrée dans lacour du château de Courtanvaux 9 . Tant au point de vue du style qu’à celuide la date, notre opinion est soutenable, tandis que rien n'autorise, ainsi qu’onl’a fait plusieurs fois 10 , à mettre une semblable construction au compte de

1. Voir notre t. II, p. 235-236.

2. Dit le château Neuf.

3. Histoire delà Flèche , par Ch. de Montzey, 1877, t. I er , p. 262.

4. Estourneau, suivant M. de Montzey ( op. cit .), serait né en i486.

5. Le château de Bénéhart, situé dans le voisinage du Grand-Lucé, se compose d’un seul corps de logis flanquede tours.

6. Près Malicorne. L’escalier seul remonte au temps de François I er .

7. Sur les bords de la Sarthe, entre Sablé et Malicorne.

8. Le château était terminé en 1571, puisqu’à cette date Jean de Champagne, son propriétaire, y reçut le roiCharles IX.

9. Près Saint-Calais.

10. Voir notamment un article du comte Anatole de Montesquiou dans le Maine et F Anjou.