L’ANJOU.
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duira bientôt, en différents genres, une série d’œuvres remarquables et Pierrede Rohan, dans l’histoire artistique de l’Anjou, mérite une place très supérieureà celle du roi René.
I
Notre époque, avec juste raison, s’est efforcée de réparer l’oubli des sièclespassés, et nombreux sont les monuments qui, grâce à de patientes recherches, ontretrouvé leur acte de naissance. Mais à côté de ce qu’on peut appeler de véri-tables découvertes figurent trop souvent des fantaisies presque ridicules, nées dela fausse interprétation d’un texte ou du manque de critique le plus absolu. Unsimple manœuvre, comme Girard Bréban, par exemple, qui n’a fait que prendrepart à la construction du mur de clôture ordonné par l’abbesse Renée de Bour-bon, la grande réformatrice de Fontevrault 1 , figure sans façon parmi les archi-tectes et l’on met à son compte toute l’aile méridionale du grand cloître 2 . Pourêtre logique, il eût fallu aussi lui attribuer le réfectoire voisin qui date dumême temps et accuse la même main 3 . Des deux parts, bien que l’inspirationgénérale soit encore gothique, il y a une tendance marquée vers des formesplus pures et certaines clefs de voûte délicatement sculptées, certains pilastreschargés de disques 4 , sont le présage d’un changement qui ne tardera pas à toutenvahir. Quant à l’époque où furent commencés les travaux, elle semble se rap-procher des dernières années de Louis XII. Renée de Bourbon, en femme qui
i. Abbesse de 1491 à 1535. Elle n’avait que vingt-trois ans au moment de son arrivée à Fontevrault et il lui fallutlutter plusieurs années avant de faire accepter la réforme projetée. Le mur de clôture élevé par Girard Bréban et deuxautres maçons, nommés Antoine Rousseau et Yvon Heurtault, ne fut commencé qu’en 1504. Pour subvenir aux frais,l’abbesse, dit le Mémorial publié en 1880 par M. Armand Parrot, p. 37, vendit « toute sa vesselle d’argent », ce qui donneune assez étrange idée de la manière dont le vœu de pauvreté était pratiqué dans certains cloîtres.
2. Célestin Port, Artistes angevins ; p. 53. — Bauchal, Nouveau Dictionnaire des architectes français ; Paris, 1887,
p. 76.
3. Mémorial des abbesses, p. 38. * Item, a faict faire le refectouer tout a neuf avec la cuisine et despance ou il y abelles et singulières voûtes, comme on le voit, avec le dorcouer au-dessus ou il y a quarante sept selles (cellules) pour lesreligieuses.
« Item, a aussy faict faire le costé du cloistre devers le die refectouer avec la grande galerie (au-dessus) et la petite,salle qui y répond. »
4. Entre les arcs du cloître, vers le préau.
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