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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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à crousilles, ne trouvons-nous pas, sous une autre forme, la même devise :

ESPOER EN DIEV \

Tout ce que nous venons de dire de Thouars simplifie singulièrement notretâche au sujet d’Oiron; car la grande collégiale fondée par Artus Gouffier, en1518, est passée par les mêmes péripéties que la chapelle due à Gabrielle deBourbon. D’abord, bien qu’à une date moins éloignée, tout l’édifice est conçu enstyle gothique, et, sans s’occuper des changements qui se produisent autour delui, l’architecte poursuit son œuvre jusqu’à entier achèvement 2 . Mais à peinela dédicace avait-elle eu lieu, en 1526, que l’on entreprenait sur plusieurspoints des remaniements considérables. Le chœur, jusqu’alors privé de réduitsou oratoires destinés au seigneur et à sa famille, vit de chaque côté s’établir unperfectionnement si désirable 3 . En avant de l’abside, une riche clôture dontle centre était occupé par l’autel se déploya dans toute la largeur et, commes’il ne suffisait pas de changer la physionomie intérieure de l’édifice, une petiteporte au nord et la majeure partie de la façade, à l’ouest, furent entièrementrefaites suivant le nouveau style.

Tous ces travaux ne sont pas l’œuvre de François Cherpentier qui, semble-t-il, mourut la même année que Hélène de Hangest, c’est-à-dire dans le cou-rant de 1557. Entre autres choses, il faut attribuer à un second artiste l’arcadeau-dessus du sacraire, à droite du grand autel 4 , la décoration intérieure del’oratoire méridional, l’arrangement supérieur de la porte en communicationavec le château, tout l’ensemble des changements opérés à la façade. Non seu-lement la composition est plus large, le faire plus gras, mais la pierre employéetranche par sa couleur légèrement jaune avec la blancheur du reste. On diraitque le nouveau venu a voulu de toute façon renseigner la postérité sur les partiesdont l’honneur lui incombe.

Dans des circonstances ordinaires nous pourrions nous tenir pour satisfait,car c’est déjà beaucoup d’être arrivé à la délimitation précédente. Mais la

1 . Le ceinturon chargé du mot espérance était l’un des insignes de l’ordre du Chardon fondé par les ducs deBourbon.

2. On a prétendu que, lors des grosses constructions, l’architecte avait ménagé et laissé ouvertes d’immenses arcadesdans les endroits destinés plus tard à recevoir les embellissements qui donnent à la collégiale une importance exceptionnelle.(Note de M, Segretain dans les Mémoires delà société des antiquaires de l , Ouest ! 1840, p. 209.) Mais cette opinion est toutà fait inacceptable. Une piscine demeurée intacte, à gauche du chœur, et certaines parties du grand retable montrentcomment on entendait primitivement la décoration. Du reste, des ravalements peuvent être retardés, rien n’empêche deremettre la sculpture d’une porte ou d’une chapelle à une autre époque; mais la forme générale n’en est pas moins accuséeau cours des travaux.

3. Voir sur les réduits en question et l’époque de leur introduction dans l’ordonnance des chapelles : \iollet-le-Duc, Dictionnaire , etc., c. II, p. 429 et 436.

4. La droite liturgique qui est déterminée par le Christ placé sur l’autel.