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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
incontestablement de la province dont nous parlions tout à l’heure. Trop depoints de ressemblance existent entre le portail de Loudun et celui de Saint-Symphorien de Tours pour ne pas indiquer une même origine 1 .
Pour trouver un monument entièrement bâti par des Poitevins à l’époquede la Renaissance, il faut aller à Bressuire où la haute et belle tour de l’égliseNotre-Dame porte à sa base l’inscription suivante :
PARACHEVEE • EN • LAN1538 • PAR • I • GENDREET- I • ODONNE •
Seulement comme nous sommes en pays de granit, une part relativementfaible a été faite à la décoration. Autour de la coupole, on s’est contenté d’es-pacer dans la frise quelques triglyph.es, ce qui ne présentait pas grande difficulté.L’intérêt de la construction est dans l’agencement des lignes. On se plaît àadmirer la silhouette générale, bien que le dernier étage, en dépit des con-treforts massifs qui l’étreignent comme dans un étau, ne se rattache guèreau reste 2 .
Mais si Jean Gendre et Jean Odonné sont Poitevins, voire même de Bressuireou des environs, ils ont tout au moins visité la Touraine. Sans cela, l’idée neleur fût pas probablement venue de suspendre un escalier sur le milieu d’unevoûte dont les nervures, par la suppression des triangles de remplissage, lais-sent entre elles une série de vides. Depuis trente ans tout le monde parlaitde l’œuvre plus effrayante d’aspect que réellement téméraire, exécutée par lesfrères Martin et Bastien François à la cathédrale de Tours 3 ; mais il y a deschoses qu’il faut avoir vues pour pouvoir les imiter.
Parmi les architectes qui appartenaient au Poitou, rien n’empêche égalementdéfaire figurer Liénard de la Réau. De 1539 à 1543, suivant le registre delàfabrique, il eut la direction des travaux de l’église Notre-Dame, à Fontenay-le-Comte 4 et les premières lettres de son nom sont en outre gravées, entre untexte sacré et une date, du côté méridional, sur la frise d’un ancien sacrairequalifié malencontreusement de chapelle : pax • hvic domvt ' l • r • 1342 • Mais
1. Dans une étude publiée en 1873 [Bulletin monumental, p. 69), nous avons démontré que le portail de l’égliseSaint-Symphorien, dont on avait voulu faire une œuvre du temps de Charles IX, était terminé en 1531. Celui de Lou-dun a dû être commencé l’année suivante et les travaux ont pu durer jusqu’en 1535 ou 1536.
2. Le lanternon est sans importance, il a été reconstruit en 1728.
3. Tels sontlesnoms, ainsi que nous le démontrerons plus tard, des deux architectes qui ont terminé, en 1507, latour nord de la cathédrale de Tours, faussement attribuée à Pierre Valence.
4. Il recevait six sous par jour tandis que les ouvriers sous ses ordres n’étaient payés que deux, trois et quatre sous.