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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
années le temps consacré à un ouvrage aussi considérable, puisque la cheminéeplacée au fond de la galerie porte déjà le monogramme de Françoise de Brossemêlé à celui de Claude Gouffier R Et tout ne s’est pas borné à la décoration desmurailles ; antérieurement au plafond actuel qui remonte seulement à la fin duxvii e siècle, en existait un autre d’un goût meilleur. Comme dans la pièce entrel’escalier et la chapelle, on avait sans doute alors, par des combinaisons de poutres,obtenu des caissons de formes diverses 1 2 3 . Le bois, au lieu d’être chargé de couleurscriardes, n’étalait çà et là que quelques ornements dorés.
Du reste, si l’on veut avoir un exemple plus frappant de l’art avec lequel laRenaissance savait composer toutes choses, il suffit de jeter un coup d’œil sur lecarrelage de la chapelle. Les différentes pièces d’assemblage ont seulement o m , hde côté et chacune d’elles, revêtue d’émail stannifère, ce qui les range dans lacatégorie des faïences, porte en brun violet, sur un lit d’arabesques bleues, unmonogramme, une lettre ou un écusson, dans un cadre de quatre filets verts. Ona ainsi répété indéfiniment et sur deux rangs, la célèbre devise : Hic terminushaeret^, en même temps que sont rappelées dans la ligne médiane et au pourtourles alliances les plus illustres de la famille 4 5 .
Ce beau carrelage, qui témoigne dans toutes ses parties d’un goût si délicat,naguère encore était considéré comme ayant été fait sur place par un artiste dontle nom nous est avantageusement connu. On se fondait, pour émettre semblableopinion, d’un côté, sur certains détails d’ornementation familiers aux admirablespièces de céramique, découvertes un peu partout en haut Poitou et baptiséesdu nom doublement faux de faïences d’Oiron de l’autre, sur une lettre où ClaudeGouffier parle d’un acte passé, au sujet d’une maison, « le xv e jour de l’anXXIX (1529), par feu madame et mère, au proufict de Françoys Cherpentier,
1. La sculpture de cette cheminée, fort médiocre, indique une grande hâte dans l’exécution.
2. Cf. Royer et Darcel, l’Art architectural en France, 1866, t. II, pl. 9. « La menuiserie, lisons-nous p. 9, estdivisée par des poutres saillantes en grands panneaux subdivisés eux-mêmes en caissons étoilés dont le contour formeun octogone. La réunion de ces caissons quatre par quatre limite un petit panneau quadrangulaire. Celui-ci a été peint enbleu pour recevoir le chiffre du propriétaire tracé en or. Tout le surplus esc resté de la couleur naturelle du bois, saufquelques arabesques en or, qui oncété réchampies sur les maîtresses poutres. »
3. Suivant M. de Montaiglon, cette devise, empruntée kl’Enéide (IV, 614), lorsqu’elle accompagne le Terme,emblème personnel de Claude Gouffier, signifie : Ma maison est immobile comme un terme } indestructible comme lui. rendueà son apogée, elle s’y tiendra. Lorsqu’elle entoure, au contraire, le monogramme d’Henri II, elle prend le langage d’unhomme passé maître dans l’art du courtisan : C’est là que je m’arrête } que je me jixe } que je reste attaché. Quand enfin onla trouve sur la porte d’entrée de la collégiale ou sur le tombeau que le grand écuyer s’était fait préparer, elle a un sensplus religieux et plus philosophique. B. Fillon, op. cit p. 73. Voir également Claude Paradin, Devises héroïquesLyon, 1557, p. 314.
4. Celles avec les d’Amboise, les Montmorency et les Hangest.
5. Voir plus haut, p. 213.