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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
des médaillons aux vives couleurs, et sur l’autel figura un retable qui rappelaitles plus charmantes compositions exécutées en ce genre par des artistes flo-rentins l .
D’où venait l’architecte qui, vers i)io, reçut mission d’agrandir le châteaude Cognac? Nous ne le savons pas; mais vu, d’une part, l’état avancé de l’orne-mentation, qui n’a plus rien de commun avec le moyen âge 2 , de l’autre, le petitnombre de monuments élevés dans le nouveau style au cours du xvf siècle, il ya tout lieu de croire à une origine tant soit peu éloignée. Louise de Savoie qui,pour ne pas affronter la mauvaise humeur d’Anne de Bretagne, continuait derésider à Cognac, voulut au moins se procurer la jouissance des transformationsà l’ordre du jour et, dans ce but, appel fut fait naturellement à quelque maîtremaçon des bords de la Loire. Même chose, du reste, devait arriver peu detemps après, lorsque François de La Rochefoucauld s’imagina de renouvelerpresque entièrement la vieille demeure de ses pères. 11 est impossible de consi-dérer avec quelque attention le plus grand et le plus beau château de l’Angou-mois sans songer immédiatement à certains édifices depuis peu élevés dans larégion comprise entre Tours et Orléans. Si les plans n’ont pas été fournis parCharles Viart, l’habile architecte qui s’est particulièrement distingué à Blois età Beaugency, ils trahissent son influence. Difficilement, en deux endroits diffé-rents et fort éloignés l’un de l’autre, on eût pu trouver dans le même temps desdispositions aussi caractéristiques que celles adoptées à la base du toit. Chaquelucarne, au lieu d’être posée à l’aplomb du mur, se dresse en arrière d’uneétroite terrasse portée sur une corniche à coquilles et bordée d’une riche balus-trade où les F et les A se succèdent indéfiniment 3 . François de La Rochefoucauld,dont le père avait tenu le jeune roi sur les fonts du baptême, vivant habituel-lement plus à la cour que dans sa province, s’était trouvé à même de faire un heu-reux choix pour l’exécution de l’œuvre projetée. Tout ce qui vient d’être exposéest donc en soi très naturel, et l’on ne saurait dans la circonstance éprouver lemoindre étonnement.
Nous savons bien, il est vrai, qu’un écrivain très versé dans les choses del’Angoumois a prétendu naguère avoir retrouvé non seulement le nom, mais
1. Toutes ces terres cuites existaient encore, il y a une quarantaine d’années; Michon en donne une descriptiondans sa Statistique monumentale de la Charente , 1844, p. 328.
2. Sur l’avant-corps qui coupe les longues lignes de la façade, assez monotone du reste, font saillie, de chaque côté,des pilastres chargés d’arabesques. Quant aux voûtes des deux salles du premier étage, elles reposent sur des nervures trèsaplaties et formées de portions de cercle.
3. En souvenir des propriétaires, François II de La Rochefoucauld et Anne de Polignac sa femme.