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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
temps d’Anne de Polignac mais, à l’intérieur, il n’en est pas de même, et toutesles pièces d’habitation, absolument délabrées, du reste, accusent un remaniementdu xvif siècle. Le comte François Y, devenu duc en 1622, avait cru devoir à sontour célébrer par de grandes dépenses un événement qui daterait dans sa famille 1 2 .Mais si nous en jugeons par la décoration des cheminées qui apparaissent àmoitié sous les lambris dont on les a revêtues, il n’y a pas lieu de ressentir tropde regrets. Après la mort de François II, on s’était borné, semble-t-il, à l’exécutiondes travaux jugés indispensables, et c’est ce qui explique pourquoi Anne dePolignac, en 1539, reçut Charles-Quint non à la Rochefoucauld, mais à Verteuil 3 .
Nous n’avons rien dit jusqu’ici du grand escalier, bien que son ampleurextraordinaire et la mâle vigueur de toutes ses parties en fassent une œuvredes plus remarquables. Le carré dans lequel il gironne, des sous-sols au der-nier étage, ne mesure pas moins de 6 m ,75 de côté 4 , et, pour trouver un espaceaussi considérable, l’architecte s’est vu obliger de reporter à ce point en avantle mur extérieur que les tours conservées aux extrémités, au lieu d’accuser uneforte saillie et dominer l’ensemble, paraissent véritablement comme écrasées,sinon tout à fait réduites à néant. En effet, il ne s’agit pas d’un simple pavillon,mais d’une masse énorme, se déployant sur une grande longueur, et rattachéeseulement aux parties laissées en arrière par deux pans coupés. Cette disposi-tion, peut-être unique en son genre, qui frappe tout d’abord lorsqu’on arriveau château, s’explique par le désir de créer, à la suite de l’escalier, une sériede vastes pièces; mais il faut bien avouer qu’elle présente en elle-même quelquechose d’étrange. Du reste, le mouvement qui est refusé à la façade proprementdite, car on ne saurait tenir grand compte de deux fenêtres plus ornées etplacées à un niveau différent, a trouvé refuge sur le toit. Brusquement, sans querien ne semble en imposer la nécessité, un étage surgit, une pyramide se dégage,et l’escalier, que l’on avait peine à deviner, finit par s’affirmer d’une manièrepresque suffisante.
Quoi qu’il en soit, l’architecte, bien évidemment, avant de s’occuper de savoirce qui serait placé par derrière, combinait ses grandes façades. La porte basse et
1. On a seulement, au midi et à l’est, pour éviter les infiltrations qui détérioraient les façades, recouvert le balconen avant des lucarnes.
2. Au lieu de I O G., comme le veut Miction ( op. cit p. 236), il faut lire partout, sur les poutres, <î> et G.L’emploi du phi grec, pour représenter la première lettre de François, est très fréquent à cette époque.
3. Anne de Polignac, au lieu de concentrer toute son attention sur la Rochefoucauld, entreprit de reconstruired’abord un château à Randan, puis un autre à Onzain. C’est dans ce dernier qu’elle mourut.
4. Les marches, au nombre de 118, et presque toutes d’une seule pierre, suivant qu’elles sont placées dans unepartie droite ou dans les angles du pavillon, mesurent 2 nl ,64 ou 4"',05. Le diamètre de la colonne centrale est de i m ,47.