Band 
Tome III.
Seite
280
JPEG-Download
 

280

LA RENAISSANCE EN FRANCE.

15^5 à 1540. Cela tient surtout au fort relief des disques et losanges qui chargentles pilastres. Les uns et les autres font l’effet de pièces rapportées plutôt que réel-lement détachées du fond. Pour trouver quelque chose de semblable, il faut aller enPérigord 1 , de sorte que, cette fois encore, nous avons très probablement affaireà un architecte venu du dehors.

A Ruffec, une seconde maison n’est remarquable que par une inscription,partie en grec, partie en latin, tracée au-dessous d’un écusson portant commemeubles trois navets. Suivant une habitude assez fréquente au xvi e siècle, elle ren-ferme un jeu de mots sur le nom du propriétaire, Pierre Raffous, qualifié denavet du seigneur 2 :

TOT K B P I y PAOT2PRAFFVSIVS MEDPOSVITi582 3

A défaut de constructions présentant quelque intérêt, nous pouvons citerdans l’hôtel noble de la Barre, commune de Villejoubert, près de Saint-Amand-de-Boixe, une très curieuse cheminée dont le manteau porte, au milieu desculptures qui rappellent l’époque de Louis XII, les armes de la famille Horric 4 ,l’une des plus anciennes de la province. Les panneaux, très soignés, sont sculptésdans le goût des devants de coffre. On y voit, à côté d’ornements empruntésau style flamboyant, des personnages debout, vus de profil, qui sans doute fontallusion à quelque légende oubliée.

Il n’est pas possible, au sujet de cette cheminée, de mettre en avant unnom d’artiste. Du reste, en Angoumois, les recherches se sont bien peu portéesjusqu’ici du côté qui présenterait pour nous le plus d’intérêt. A Jacques d’An-goulême, connu depuis longtemps par Biaise de Vigénère 5 , elles ont seulementajouté Michaud Sarrazin. Mais le premier de ces sculpteurs ne semble pas avoir

1. Nous signalerons principalement, à Sarlat, la maison où est né La Boëtie.

2. Navet, en grec classique, se dit Pacpavoç; la transformation est donc peu sensible.

3. Dans l’ancienne église Saint-Martial d’Angoulême se voyait, au dire de Michon (Stat. mon., p, 329), au-dessousd’un élégant bas-relief, une longue inscription latine où l’on s’était amusé également à faire un jeu de mots, non pas surle nom cette fois, mais sur le prénom d’un homme de loi, Léonard Bourgoin, décédé en 1569 :

IN TVMVLO NOBILIS VIRI LEONARDIBORGOINI CLARISS. ËT INTEGER.

QVI LEO VIRTVTE ET DIVINO NARDVS ODORE, etc.

4. D’azur à trois fermaux d’or.

5. « Maistre Iacques, natif d’Angoulême, l’an 1550, s’osa bien parangonner à Micel l’Ange pour le modèle de l’image desaint Pierre, à Rome, et de fait l’emporta lors par-dessus luy au jugement de tous les maiscres, même italiens : et de luyencore sont ces trois grandes figures de cire noire au naturel, gardées pour un très excellent joyau, en la librairie du Vatican,